La Tulipe craint de devoir fermer ses portes

Les gestionnaires du La Tulipe devront se présenter en cour le 21 décembre prochain à la suite du dépôt d’une demande d’injonction qu’aurait déposée le voisin.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Les gestionnaires du La Tulipe devront se présenter en cour le 21 décembre prochain à la suite du dépôt d’une demande d’injonction qu’aurait déposée le voisin.

La salle de spectacle La Tulipe, établissement mythique de l’avenue Papineau, pourrait devoir cesser ses activités en raison de plaintes répétées déposées par un voisin, indisposé par le bruit. Les propriétaires de l’ancien Théâtre des variétés se retrouveront en cour la semaine prochaine pour se défendre contre une demande d’injonction.

Les gestionnaires de la salle ont lancé un appel à l’aide sur Twitter mardi à l’attention de la mairesse Valérie Plante et du maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Rabouin, réclamant leur intervention.

Il y a quelques années, l’immeuble voisin, qui abritait autrefois les entrepôts de la compagnie de Gilles Latulippe, a été vendu, et depuis deux ans, les plaintes pour bruit excessif se sont succédé, relate Claude Larivée, p.-d.g. de La Tribu, qui gère la salle de spectacle. « On a commencé à avoir des visites de la police pour des plaintes de bruit, visites accompagnées de contraventions de 1000 $ », soutient M. Larivée, en entrevue au Devoir. Les visites des policiers ont eu lieu pendant des spectacles, notamment la fin de semaine dernière, lors du concert de Dumas, ainsi qu’à l’occasion de répétitions en plein après-midi, dit-il. « Quand la police donne des ordres au sonorisateur de baisser le volume en plein spectacle, avec du public dans la salle, on s’entend que c’est assez singulier. »

Les propriétaires de la salle disent être « à bout de forces et de ressources » après avoir dépensé des sommes importantes en honoraires pour se défendre à la suite des « douzaines » de visites de policiers.

Selon M. Larivée, la Ville de Mont-réal aurait autorisé « par erreur » un changement d’usage, de commercial à résidentiel, du local voisin du théâtre. Les gestionnaires du La Tulipe devront se présenter en cour le 21 décembre prochain puisque le voisin aurait déposé une demande d’injonction. « Cette demande d’injonction pourrait faire qu’on devrait fermer La Tulipe, alors qu’on est victimes d’un problème administratif, avance Claude Larivée. On se retrouve dans une situation qui est nettement intenable. »

Des discussions avec la Ville, autant du côté administratif que politique, n’ont pas permis de dénouer l’impasse, ajoute M. Larivée. « C’est quand même un édifice classé par le ministère de la Culture, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur, et qui ne peut avoir pour vocation que la présentation de spectacles. »

Le p.-d.g. estime ne pas avoir eu le choix de rendre publique cette situation. « Vous porterez l’odieux de cette fermeture due à une bévue de l’administration municipale et à votre inertie dans le dossier. Vous avez pourtant beaucoup parlé de culture et de vie de nuit dans la dernière année », écrivent les propriétaires du La Tulipe dans leur message à la mairesse Plante et au maire du Plateau.

La Tribu a fait l’acquisition de l’ancien Théâtre des variétés il y a près de 20 ans, un bâtiment voué au spectacle depuis 1913. Le cas du La Tulipe n’est pas sans rappeler celui du Divan orange, une salle indépendante qui avait dû fermer ses portes en 2018 à la suite de plaintes de bruit répétées d’un voisin et en raison d’une situation financière précaire.

En début de soirée, le maire Rabouin a dit croire qu’une résolution du litige était possible. « Le théâtre La Tulipe est là pour rester », a-t-il indiqué sur Twitter. « La vitalité culturelle du Plateau est une richesse à préserver. Nous avons eu plusieurs échanges avec les propriétaires, et suivons de près les démarches judiciaires en cours entre les deux parties privées. Une solution émergera. »

À voir en vidéo