Un Louis-José Houde plus intimiste

L’humoriste Louis-José Houde sur scène lors de son cinquième spectacle solo intitulé «Mille mauvais choix»
Photo: Laurence Labat L’humoriste Louis-José Houde sur scène lors de son cinquième spectacle solo intitulé «Mille mauvais choix»

Louis-José Houde accouche d’un cinquième spectacle solo sans temps mort qui saura ravir ses nombreux inconditionnels, déjà habitués à ses anecdotes et à ses observations sur les banalités du quotidien. Un ton relativement consensuel, que le célèbre humoriste a toujours saupoudré dans ses précédents spectacles d’histoires plus personnelles, voire plus sombres. C’est encore plus vrai cette fois-ci, Houde poussant la confidence à un autre niveau.

Et pour cause, Mille mauvais choix a pour prémisse la rupture entre l’humoriste vedette et la comédienne Magalie Lépine-Blondeau, à l’hiver 2019. Louis-José Houde a la décence de ne pas la nommer ni de laisser couler certains détails croustillants pour alimenter les sites à potins. Mais il reste que c’est bien d’elle qu’il s’agit lorsque l’humoriste vedette blague sur son chagrin d’amour.

Le public aurait pu éprouver un certain malaise en interprétant cela comme un règlement de compte, mais il n’en fut rien, avec pour preuve la foule hilare mardi soir lors de la première médiatique de Mille mauvais choix au Lion d’Or.

Car Louis-José Houde n’est pas que doté d’un talent de raconteur exceptionnel, en mesure de transformer le moindre détail de la vie de tous les jours en anecdotes savoureuses. Il sait aussi parler de la laideur et de la tristesse du quotidien avec doigté.

C’est pourquoi il a l’intelligence de ralentir la cadence, et même de s’imposer quelques silences, lorsqu’il aborde des thèmes plus lourds, comme sa consommation d’antidépresseurs. De par sa justesse, l’humoriste de 44 ans arrive à ne pas casser le rythme de son monologue de plus d’une heure sans entracte. Pour cela, il faut aussi souligner ses qualités d’auteur, comme celles de François Avard à la sélection de textes.

Déjà un succès

On rit, on rit beaucoup durant ce nouveau spectacle solo, notamment quand Louis-José Houde confie sa déception de ne pas encore avoir connu les joies de la paternité, tout en s’inquiétant de ce que ce serait que de devenir père dans la quarantaine avancée. Un sujet qui est omniprésent durant le spectacle, et qui vise juste considérant l’âge de son public cible.

Mais Louis-José Houde ratisse encore plus large, en fait foi la vente de billets. La tournée affiche complet jusqu’en février, et ce, alors que l’industrie peine à se remettre de la pandémie.

Il faut dire que dans un désir de proximité avec le public, l’humoriste a choisi de remplir de plus petites salles que ce à quoi il était habitué. Or, la grosseur de la salle y est pour peu dans l’ambiance presque familiale qui s’installe durant le spectacle. Le charisme et la bonhomie de Louis-José Houde jouent pour beaucoup à ce chapitre.

On le prendrait quand même parfois un peu plus grinçant, lui qui fait davantage dans l’autodérision que dans la moquerie dans Mille mauvais choix . Pourtant, celui qui est à la barre des galas de l’ADISQ depuis 16 ans a prouvé lors de ses numéros d’ouverture qu’il sait aussi à l’occasion se montrer plus corrosif. Il l’a d’ailleurs rappelé lors des rares fois où il écorche des personnalités publiques durant ce spectacle.

Pour le reste, Louis-José Houde a réussi le tour de force de n’avoir mentionné ni la pandémie ni l’épineux débat entourant le concept de racisme systémique, deux thèmes presque usés tellement les humoristes s’en sont emparés durant les deux dernières années. L’humoriste Neev en a justement fait le cœur de son numéro en première partie. On lui pardonnera son manque d’originalité cependant : l’humoriste a su charmer le public avec ses blagues très efficaces et son énergie contagieuse. Assurément un talent à surveiller.

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