​Sur vos écrans: les oubliés

Une scène  tirée du documentaire Des vies  sans toit
NETFLIX Une scène tirée du documentaire Des vies sans toit

Oubliés, même après le trépas

 

La solitude touche de plus en plus de gens dans nos sociétés modernes et individualistes. Même après la mort. C’est le constat de départ de ce documentaire profondément humain sur un sujet qui ne l’est pas trop : le sort qui attend les corps des disparus que personne ne réclame ou que leur famille et leurs proches refusent de prendre en charge. Le nombre de corps non réclamés au Québec s’est accru dans les dernières années.

Le réalisateur franco-ontarien Jean-François Martel s’est demandé qui sont des défunts, s’il existe des gens qui les honorent ou qui pensent parfois à eux, et ce qu’il advient de leur corps après que les recherches pour leur trouver des « preneurs » se sont avérées vaines. Il est donc parti à la recherche des proches et des amis de personnes dont les noms figuraient sur la liste des dépouilles non réclamées publiée au Québec. Chemin faisant, il réussit à raconter l’histoire, parfois banale, parfois déchirante, de quelques-unes d’entre elles, à travers ceux qui les ont connues.

En parallèle de ces histoires de vie et de disparition, on fait la connaissancede l’abbé Claude Paradis, curé de la paroisse Notre-Dame de la rue, qui accompagne spirituellement les itinérants de la métropole. Certains finissent par se retrouver sur la funeste listedes non réclamés, et c’est lui qui préside une cérémonie annuelle à la mémoire de tous les défunts oubliés. Il en résulte un film modeste sur un sujet d’une tristesse infinie, livré avec toute la délicatesse et tout le respect nécessaires pour en faire un incontournable.


Non réclamé
RDI, mardi, 20 h et sur Tou.tv

 

Journal du dehors

 

Autre phénomène qui prend de l’ampleur dans les villes des pays riches : l’itinérance d’un nombre croissant de citoyens qui n’arrivent plus à trouver des logements abordables, ou qui se retrouvent à la rue après des épreuves personnelles et professionnelles. Des vies sans toit, des Américains Pedro Kos et Jon Shenk, met des visages et des noms sur cette « épidémie » d’itinérance, qui touche plus d’un demi-million de personnes chez nos voisins du Sud.

Le documentaire américain raconte,sur une période de trois ans, sans narration et sans fard, les histoires de vie de gens qui se sont retrouvées à la rue pour diverses raisons à San Francisco, à Los Angeles et à Seattle. Il met également en lumière les inégalités crasses qui affligent ces grandes villes, le syndrome du « pas dans ma cour » qui vient de pair avec l’itinérance, et le manque criant de logements abordables pour tous ces gens qui veulent juste un toit. Ou quelque chose qui y ressemble.


Des vies sans toit (Lead Me Home en V.O.A.)
Netflix, dès le 30 novembre

 

Bon lutin, mauvais lutins

 

La série américaine d’animation en stop-motion Santa Inc., sous ses airs sages et vieillots de production d’un autre temps (on pense au classique Rudolph The Red-Nosed Reindeer datant de 1964 que la CBC nous ressort chaque année…), est en fait une comédie de « milieu de travail » qui s’adresse uniquement aux adultes. Ses répliques (du moins celles que nous avons pu entendre dans des extraits) à la langue pas toujours élégante, souvent ordurière, et ses situations et blagues politiquement incorrectes feront mouche auprès d’amateurs de séries d’animation irrévérencieuses.

Pourtant, son intrigue, guidée par les efforts de Candy (Sarah Silverman),une ambitieuse lutine qui occupe la fonction de vice-présidente du pôle Nord, cette entreprise menée par un père Noël un peu au-dessus de ses affaires (Seth Rogen), pour briguer ce poste qui a toujours été occupé par des hommes blancs et bedonnants, s’avère plutôt noble. Mais ça ne suffit pas pour en faire une production pour toute la famille…

Sous ses airs de production fantastique plus « épeurante », la série danoise Lutins s’adresse à un auditoire passablement plus large, même s’il risque de faire frissonner un peu, et de faire perdre aux petits lutins mignons de leur lustre… On y suit une famille « normale », un couple et leurs deux ados qui se chamaillent continuellement, qui part pour les vacances des Fêtes sur une île rurale peuplée de gens pas toujours accueillants. Leur séjour sera passablement bousculé, pour ne pas dire ruiné, par la présence plutôt inquiétante de petits êtres velus en apparence inoffensifs, mais qui sont loin de l’être en réalité. Du moins, dans cet univers digne de films d’horreur, mais aux contours festifs.


Santa Inc.
HBO et Crave, dès le 2 décembre, 20 h ; en version française à Crave dès le 14 décembre
Lutins (V.O. danoise et V.F.)
Netflix, dès le 28 novembre

Retour aux sources musicales

Le « supergroupe » cajun a beau avoir connu une longue pause forcée, séparé par la pandémie et une frontière provinciale, il revient en force avec trois émissions spéciales, tournées (en partie) devant un petit mais fervent public aux îles-de-la-Madeleine. Dans cette réappropriation du répertoire traditionnel cadien et acadien, les cinq comparses sont accompagnés d’invités de choix : 2Frères, Zachary Richard, les Hay Babies, Michel Rivard, Louis-Jean Cormier et d’autres encore.

Salebarbes aux Îles
Tou.tv dès le 27 novembre, et à ICI Télé le 4 décembre, 19 h​


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