Le charme discret de la classe moyenne

Florence Longpré (à gauche), autrice et interprète principale de la série Audrey est revenue
Photo: Club Illico Florence Longpré (à gauche), autrice et interprète principale de la série Audrey est revenue

Présentée par Denis Dubois, vice-président, contenus originaux, chez Québecor, comme une « série qui ne ressemble à rien », Audrey est revenue met en scène une famille de la classe moyenne aussi attachante que dysfonctionnelle qui sera témoin d’un événement tenant presque du miracle. Plus d’une quinzaine d’années après avoir été découverte inanimée sur une route de campagne, Audrey (Florence Longpré, au sommet de son art), 35 ans, émerge enfin du coma.

« Ç’a été l’un des rôles les plus difficiles à jouer ; avec la scripte, on avait un code de couleurs pour savoir où Audrey en était dans son cheminement, raconte l’actrice, qui a rencontré avec Guillaume Lambert plusieurs personnes ayant expérimenté le coma lors de l’écriture du scénario. C’était super le fun parce que j’étais aux premières loges de tous ces acteurs-là lorsqu’on tournait ; j’étais complètement dans l’écoute et la détente. Comme comédienne, c’est rare que tu vives ça. »

Ayant au compteur une saison de M’entends-tu ? et deux saisons de L’âge adulte, Guillaume Lonergan était le réalisateur parfait pour donner vie à cette comédie dramatique teintée d’onirisme créée par Florence Longpré, qui a dû se faire prier pour incarner le rôle-titre, et Guillaume Lambert, qui n’apparaît pas dans la série puisqu’il tournait son prochain film, Niagara.

« J’ai dû faire le pitch, mais je savais que c’était pour moi, révèle le réalisateur. Ça me parlait beaucoup et ce que je ressentais correspondait à ce qu’ils voulaient. En lisant les trois premiers scénarios, j’étais incapable d’imaginer quelqu’un d’autre que Florence dans le rôle. Je lui ai dit d’oublier qu’elle était l’autrice de la série, qu’Audrey, c’était elle. »

Tricoté serré

La trentenaire, avec l’aide de ses parents attentionnés séparés depuis des années, André (Denis Bouchard) et Mireille (Josée Deschênes), de son frère Clément (Dominic St-Laurent), qui a toujours été jaloux d’elle, de son bienveillant beau-père Marcel (Martin-David Peters) et de sa délurée demi-sœur Sarah (Zeneb Blanchet), devra réapprendre à parler, à marcher, à lire, à compter, à accomplir tous les petits gestes que l’on tient pour acquis. Au fil de sa réadaptation, il n’y a pas qu’Audrey qui s’en trouvera transformée.

« On voulait vraiment choisir des acteurs qui ressemblaient à du vrai monde, explique Guillaume Lambert. Dans notre démarche, ce qui nous importe, c’est de faire parler le vrai monde, de donner un micro à des gens qui n’ont pas de voix. Florence vient de la Rive-Nord et moi, de la Rive-Sud ; la classe moyenne nous parlait beaucoup dans sa maladresse, dans sa façon de passer à travers l’extraordinaire, même dans le banal. C’est à travers des scènes de salon qu’on dénoue les impasses et les traumatismes du passé. »

Ç’a été l’un des rôles les plus difficiles à jouer ; avec la scripte, on avait un code de couleurs pour savoir où Audrey en était dans son chemi-nement

Très enthousiaste mercredi lors du visionnement de presse à Longueuil des quatre premiers des dix épisodes de trente minutes de la série, pour laquelle il a convaincu Alexandra Stréliski de signer l’indicatif musical, Charles Lafortune, producteur exécutif et vice-président au développement chez Pixcom, s’est écrié qu’il s’agissait « d’un show pas de police ». Ce qui n’est pas faux, bien qu’une enquête sera menée par Audrey afin de découvrir les circonstances de son accident.

Au troisième épisode, où Audrey renoue avec Cynthia (Joanie Guérin), on découvrira par ailleurs qui étaient Audrey (Ellicyane Paradis) et sa meilleure amie (Charlie Lemay-Thivierge) à 17 ans. Ce n’est toutefois qu’au sixième épisode qu’on en saura davantage sur l’énigmatique créature mi-homme, mi-échassier (Colin St-Cyr-Duhamel) créée par James Lavoie, concepteur de costumes pour le Cirque du Soleil.

« J’ai grandi à Brossard, donc, pour moi, la banalité du quotidien, c’était le truc le plus important, dit Guillaume Lonergan. L’idée, aussi, c’était que dans la construction du scénario il y ait des images qui reviennent, comme on l’avait fait dans L’âge adulte, et des scènes oniriques, comme dans M’entends-tu ?. J’ai toujours voulu faire une série très réaliste dans laquelle il y aurait des éléments de magie ou de rêve. Il y avait tout ça dans Audrey est revenue ! »

Évoquant tour à tour le réalisme des séries scandinaves, le réalisme magique sud-américain et le folklore autochtone, et portée par une distribution au diapason, Audrey est revenue attendrit autant qu’elle fait rire. Mieux encore, la série arrive au moment où, à l’instar de son héroïne, chacun doit réapprendre à vivre dans une nouvelle normalité.

 

Audrey est revenue 

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