​Sur vos écrans: séries de filles et bédés animées

Une scène de Cowboy Bepop avec les acteurs Alex Hassell et John Cho
GEOFFREY SHORT NETFLIX Une scène de Cowboy Bepop avec les acteurs Alex Hassell et John Cho

 

​« Ultraviolence » japonaise comique et enfer coréen

 La série phénomène coréenne Squid Game, avec son ultraviolence et ses jeux extrêmes, s’est attiré un public très jeune, trop jeune de l’avis de plusieurs. Il se pourrait fort bien qu’il en soit de même pour Cowboy Bebop, adaptation américaine d’une série d’animation japonaise avec des acteurs en chair et en os. Sortie à la fin des années 1990, la série fut déclinée en long métrage et en manga, traînant dans son sillage une réputation d’ultraviolence.

La bande-annonce donne à voir les aventures particulièrement sanglantes d’un trio de chasseurs de primes plus ou moins repentis qui pourchassent des criminels à travers le système solaire, à bord de leur vaisseau, le Bebop. Son esthétique « bédéesque » léchée, proche du burlesque à la Tarantino dans les scènes de combats violents, ses personnages centraux caricaturaux au premier abord sympathiques et sa bande sonore chargée d’influences jazz « bebop » en font un bon candidat pour connaître du succès auprès d’un trop jeune public.

Une autre production issue d’une œuvre asiatique passablement violente fait son apparition dans le catalogue du géant rouge cette semaine. L’adaptation (coréenne), et avec de « vrais acteurs », de la bande dessinée numérique coréenne Hellbound racontecomment, sur une version « fantastique » de notre Terre, d’immenses et terrifiantes créatures s’emparent d’humains pour les envoyer en enfer, dans d’immenses douleurs, ce qui favorise l’émergence d’un nouveau groupe religieux influent. Rien de bien jojo…


Cowboy Bebop (V.O.A.) et Prophéties infernales (Hellbound en V.A.)

​Netflix, dès le 19 novembre

 

Histoires de filles

 

Deux séries de fiction mises en ligne au Canada sur la plateforme Crave dans les prochains jours ont pour personnages centraux des quatuors de jeunes femmes dans la fleur de l’âge, mais leurs histoires n’ont absolument rien en commun… du moins au premier abord.

La scénariste et productrice à succès Mindy Kaling (The Office, The Mindy Project) fait équipe avec Justin Noble, scénariste de plusieurs épisodes deBrooklyn Nine-Nine, après une première collaboration pour sa comédie adolescente Mes premières fois, pour cette autre série comique qui s’aventure sur le territoire trop souvent exploré de la vie sexuelle, amoureuse et amicale de recrues universitaires en rut.

Les courts extraits que nous avons pu voir n’annoncent rien de bien transcendant, soit un récit d’apprentissage à l’humour plus ou moins gras mettant en lumière les balbutiements de la vie « adulte » de quatre jeunes femmes en quête de sensations fortes qui fréquentent une université huppée et vivent dans la même résidence étudiante. Peut-être que les deux premiers épisodes entiers lancés cette semaine (qui seront suivis par des bouquets de chapitres dévoilés jusqu’en décembre) s’avéreront plus originaux et complexes, ou à tout le moins chargés d’un humour qui fait mouche…

Dans un tout autre registre, Yellowjackets propose aussi un récit d’apprentissage, mais qui lorgne plutôt du côté du thriller aux accents horrifiques. Cette série canado-américaine se déploie sur deux époques distinctes dans la vie de quatre membres d’une équipe de soccer féminin d’une école secondaire, les Yellowjackets du titre. On les découvre dans la fleur de l’âge au moment où elles sont victimes d’un écrasement d’avion dans le fin fond d’une forêt en Ontario — etqu’elles doivent trouver des moyens plus ou moins « éthiques » de survivre en attendant les secours. Puis, 25 ans plus tard, à l’âge mûr, au moment où les blessures et les traumatismes d’antan refont surface et pourraient en mener certaines à se venger.

Les premiers échos critiques sont un brin contradictoires sur cette production mettant en vedette Juliette Lewis, Christina Ricci, Mélanie Lynskey et la Québécoise Sophie Nélisse, soulignant à la fois le suspense efficace, mais aussi les contours caricaturaux des personnages. Il faudra s’y aventurer pour se faire une idée.


The Sex Life of College Girls (V.O.A. seulement)

​Crave, dès le 18 novembre

Yellowjackets (V.O.A. seulement)

​​Showtime et Crave, dimanche, 22 h

À ne pas manquer

L’influence d’un disque

En juin 1995, une jeune chanteuse d’Ottawa lançait un disque qui a eu l’effet d’un pavé dans la mare pop-rock « commerciale ». L’album de révolte et de douceur Jagged Little Pill, de la toute jeune Alanis Morissette, a brassé la cage des radios commerciales et fait relever la tête de millions de jeunes filles (mais pas seulement) qui en avaient marre de stéréotypes véhiculés par les princesses pop. Ce documentaire somme toute assez conventionnel, même s’il a créé quelques vagues à son lancement au TIFF en septembre dernier, raconte à travers les confidences de sa créatrice et de ses collègues l’histoire de ce disque immensément populaire, de sa genèse à son influence. Pas mauvais, vraiment plus indiqué pour ceux et celles qui ont vibré au son de You Oughta Know

Jagged
​HBO et Crave, le jeudi 18 novembre, 20 h


À voir en vidéo