Karaoké et danse, des assouplissements qui tombent à point

Le karaoké et la danse dans les bars seront de nouveau permis à partir du 15 novembre.
Photo: Adil Boukind Le Devoir Le karaoké et la danse dans les bars seront de nouveau permis à partir du 15 novembre.

Après plus d’un an d’interdiction, les oiseaux de nuit pourront de nouveau danser et faire du karaoké à partir du 15 novembre prochain. La question du masque continue de soulever certaines interrogations, mais il n’en demeure pas moins que la décision du gouvernement a été saluée par le milieu des bars, mardi, d’autant qu’elle survient à quelques semaines des partys de Noël.

« Novembre, c’est le mois où les gens réservent pour leur party de bureau. Sauf qu’il y avait encore beaucoup d’irritants pour les groupes. Là, maintenant, en sachant qu’ils vont pouvoir chanter et danser, les gens vont revenir », parie Renaud Poulin, président de la Corporation des propriétaires de bar, brasserie et tavernes du Québec (CPBBT). Il s’attend maintenant à une saison « presque normale » pour les partys de bureau par rapport à la période prépandémique.

Le président de la Nouvelle Association des bars du Québec, Pierre Thibault, déborde lui aussi d’optimisme à la suite de cette annonce, qui était réclamée depuis plusieurs semaines par les différents acteurs de la vie nocturne. D’autant plus que les aides financières qui leur étaient destinées étaient appelées à disparaître prochainement.

« Le gouvernement a finalement compris que les partys privés sont beaucoup plus dangereux d’un point de vue de santé publique que les boîtes de nuit, se réjouit M. Thibault. Je m’attends maintenant à une réponse très forte de la clientèle, parce que même des gens qui ne sortaient plus nous disent maintenant qu’ils ont hâte de venir danser. »

Attente interminable

 

Malgré les différentes phases de déconfinement qui se sont succédé au cours des derniers mois, les pistes de danse étaient fermées depuis le tout début de la pandémie, soit depuis plus d’un an et demi. Le Québec était même dans les dernières semaines l’un des derniers endroits au monde qui interdisaient toujours de se déhancher en boîte de nuit.

Les amateurs de karaoké, eux, avaient au moins eu la chance de pouvoir pousser la note entre la première et la deuxième vague, à l’été 2020. Une éclosion d’importance causée par une soirée de karaoké dans un bar de Québec a cependant poussé la Santé publique à proscrire cette activité pendant plus d’un an.

« Nous, le karaoké, c’était sept jours sur sept. Sans ça, ce sont des pertes de 1500 à 2000 $ par jour. Donc c’est sûr qu’on est très contents », illustre Pascal Lefebvre, propriétaire du Normandie, la mecque des chanteurs amateurs à Montréal.

Masque obligatoire

 

Les tenanciers ont de nouveau l’autorisation de fermer leurs portes à 3 h du matin depuis lundi. Les débits de boissons ne sont également plus tenus de réduire leur capacité d’accueil. À partir du 15 novembre, date à laquelle la danse et le karaoké seront permis, les clients n’auront plus non plus à inscrire leur nom sur un registre à leur arrivée.

Quelques consignes resteront toutefois encore en vigueur. Le passeport sanitaire sera toujours requis, et le port de masque sera même obligatoire sur le plancher de danse. Officiellement du moins.

 

« S’il faut le porter, on va le faire […] Mais ça risque d’être aussi appliqué qu’au Centre Bell », croit Mathieu Grondin, directeur de MTL 24/24, en référence au spectacle des vedettes de la pop Enrique Iglesias et Ricky Martin le mois dernier, lors duquel une bonne partie des spectateurs ont retiré leur couvre-visage en dépit du règlement.

De toute manière, même avant l’annonce de mardi, plusieurs bars autorisaient déjà de manière officieuse la danse au sein de leur établissement, et ce, sans masque.

« Les échos que j’ai, c’est que ça danse déjà partout. Ça commence entre les tables et ça se répand rapidement à travers le bar. L’annonce d’aujourd’hui vient au moins donner la permission de le faire à ceux qui respectaient les règles », laisse tomber Renaud Poulin, de la CPBBT. 

Salles de spectacle déçues

 

Le masque demeure un sérieux frein à la reprise dans plusieurs domaines, dont le milieu du spectacle, qui n’a pas été visé par les assouplissements annoncés mardi. Les salles réclamaient pourtant le droit de maintenir une distanciation, de manière à permettre aux spectateurs d’enlever leur couvre-visage une fois assis.

C’était d’ailleurs le cas avant le mois dernier. Or, lorsque les salles ont pu recommencer à fonctionner au maximum de leur capacité, elles ont aussi été contraintes d’obliger le port du masque en tout temps, quel que soit le nombre de personnes dans le public.

« Malgré nos messages, la Santé publique ne semble pas vouloir reculer. Pendant ce temps, on annonce que le masque n’est plus obligatoire dans les classes au secondaire parce que les jeunes sont de plus en plus vaccinés. Mais dans les salles de spectacle, les gens sont tous vaccinés. Ça va prendre quoi alors ? » demande Julie-Anne Richard, directrice générale de l’Association professionnelle des diffuseurs de spectacles (RIDEAU).

Difficile de mesurer l’effet exact du port du masque obligatoire sur la vente de billets de spectacle. Mais il est certain que l’industrie n’a pas encore repris sa vitesse de croisière, même si elle peut fonctionner depuis près d’un mois à plein régime, en théorie. « On n’est vraiment pas revenu au niveau d’avant la pandémie », se désole Mme Richard.

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