La réforme du statut de l’artiste encore en attente

Des artistes déplorent notamment le fait de ne pas être protégés par les normes de santé et sécurité au travail.  Adil Boukind Le Devoir
Des artistes déplorent notamment le fait de ne pas être protégés par les normes de santé et sécurité au travail. Adil Boukind Le Devoir

Malgré l’engagement du gouvernement Legault en début de mandat, les lois sur le statut de l’artiste n’ont toujours pas été réformées à un an des élections, au grand désespoir du milieu culturel, qui réclame cette refonte depuis plusieurs années. Quelques dizaines d’artistes ont d’ailleurs tenu à faire part de leur impatience vendredi lors d’une manifestation organisée à Montréal près des bureaux de la ministre de la Culture, dans le Quartier des spectacles.

« Les lois actuelles permettent aux artistes de négocier leur travail auprès d’un diffuseur, mais ça ne donne pas le même pouvoir à certaines catégories d’artistes, comme les artistes visuels et les auteurs. Ce qu’on demande, c’est de rééquilibrer ce pouvoir de négociation », résume Ariane DesLions, une chanteuse pour enfants de Sherbrooke qui avait fait la route jusqu’à Montréal pour participer à ce rassemblement.

Mme DesLions compte sur la réforme des deux lois qui encadrent le statut de l’artiste pour améliorer ses conditions de travail. Car bien qu’elle roule sa bosse depuis six ans et qu’elle soit connue dans sa région, Ariane DesLions n’est pas admissible à la protection de son syndicat, l’Union des artistes (UDA). Lorsqu’elle signe un contrat, ses conditions planchers sont celles qui sont enchâssées dans les lois sur le statut de l’artiste, entre autres.

« Les gens pensent que les artistes n’ont qu’à aller vers l’UDA pour être protégés, mais ça ne fonctionne pas comme ça. Moi, je suis membre de l’UDA, mais pour bénéficier de la protection, il faut avoir 30 crédits. Moi, après six ans, je n’en ai que deux, puisque les producteurs qui m’engagent ne sont pas reconnus par l’UDA », explique-t-elle, en spécifiant que plusieurs artistes se trouvent dans la même situation qu’elle.

Promesse réitérée

Or, les lois qui sont censées les protéger manquent de mordant, à leur avis. Ils déplorent notamment de ne pas être protégés par les normes de santé et sécurité au travail en vertu de celles-ci.

« Les politiques de harcèlement psychologique et sexuel ne s’appliquent même pas ! On ne peut plus tolérer ça en 2021 », lance, indignée, la députée de Québec solidaire Manon Massé, qui ne s’explique pas pourquoi la ministre de la Culture tarde à présenter son projet de loi.

Au cabinet de la ministre Nathalie Roy, on rétorque qu’il s’agit d’une législation complexe. On assure cependant qu’un projet de loi sera déposé d’ici la fin du mandat.

 

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