Le festival Black & Blue de Montréal doit se passer de son rave 

Depuis 1991, le Black & Blue récolte des fonds au bénéfice de groupes communautaires LGBTQ +.
Photo: Valentin Flauraud/Keystone via AP Depuis 1991, le Black & Blue récolte des fonds au bénéfice de groupes communautaires LGBTQ +.

Pour célébrer son 30e anniversaire, le festival Black & Blue a dû faire une croix sur son événement phare au bénéfice d’organismes LGBTQ +. Le « rave » qui attire des milliers de danseurs et de nombreux touristes chaque année à Montréal fera plutôt place à un gala-spectacle ce dimanche.

Les mesures de santé publique empêchent la tenue de soirées dansantes. Les organisateurs avaient proposé une formule de style cabaret avec DJs. Ils suggéraient que les participants, entièrement vaccinés, puissent danser debout avec leur masque, près de la table à laquelle ils auraient été assignés. Mais leur proposition a été refusée par la Santé publique.

« Leurs conditions dénaturaient vraiment trop les partys dansants. Ce n’était pas juste parce qu’on ne pouvait pas danser à côté de notre chaise, mais c’était aussi que tous les partys devaient fermer à 1 h du matin », explique le président de la Fondation BBCM, Robert J. Vézina, responsable du festival.

Bien qu’il comprenne que les autorités sanitaires souhaitent éviter certains comportements entraînant la propagation de la COVID-19, M. Vézina se désole tout de même de la décision.

« L’analyse n’a pas été assez poussée. Ils n’ont peut-être pas nécessairement pensé à des festivals comme le nôtre qui ne sont pas des événements dans des théâtres avec des sièges en rangée. Je pense que tout ce qui touche le mot danse à la Santé publique, ils sont très, très frileux. On ne le prend pas personnel », commente-t-il.

Les organisateurs ont ainsi opté pour un « entre-deux » avec un gala-spectacle de variétés qui aura lieu à l’Olympia dimanche soir. Robert J. Vézina promet une « belle ambiance » ; différents artistes, dont les chanteuses Nathalie Simard, Lulu Hugues et Kim Richardson, présenteront des numéros au cours de cette soirée animée par Varda Étienne.

Au moins 400 personnes sont attendues et plusieurs billets sont encore disponibles. Le Black & Blue remettra par l’entremise de la fondation BBCM un montant d’au moins 3000 dollars à la Maison Plein Coeur, lors du gala. L’organisme qui soutient les personnes vivant avec le VIH et le sida célèbre aussi ses 30 ans.

Depuis 1991, le Black & Blue récolte des fonds au bénéfice de groupes communautaires LGBTQ +. L’annulation de sa marque de commerce, la soirée dansante, ampute l’organisation d’importants revenus qu’elle ne peut verser à des organismes.

« Les grandes années, on pouvait remettre au moins 100 000 dollars», mentionne M. Vézina, alors que le coût du billet variait entre 100 dollars et 150 dollars, contrairement aux 20 dollars pour le gala-spectacle. En revanche, l’organisation voit ses dépenses réduites cette année, précise-t-il.

M. Vézina espère revenir avec une soirée dansante en 2022 si la situation le permet. Le « rave » représente l’attrait principal du festival qui amène des Européens, des Américains et des gens de partout au pays à Montréal durant cette fin de semaine, expose le président.

Carnaval des couleurs

Cette année, le Black & Blue a décidé de miser davantage sur son Carnaval des couleurs, qui en est à sa troisième édition.

Ce volet public et gratuit célèbre jusqu’à dimanche les communautés multiculturelles et LGBTQ + à travers de nombreuses prestations intérieures et extérieures comportant de la danse, du cirque et de la musique, au centre-ville de Montréal.

Cet événement apparu en 2018 s’inscrit dans une stratégie en vue de pérenniser et diversifier le Black & Blue, explique M. Vézina. Le Carnaval des couleurs est d’ailleurs appelé à prendre de l’ampleur dans l’avenir.

« C’est un ralliement des communautés LGBT avec les communautés multiethniques, c’est un maillage spécial pour célébrer l’inclusion et l’aspect cosmopolite de Montréal », soutient M. Vézina.

Selon lui, le Black & Blue se veut maintenant plus inclusif tandis qu’à ses débuts il était principalement destiné aux hommes gais. « Je pense qu’on va dans la bonne direction avec les “trends” mondiaux », ajoute-t-il.

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