Québec fait l’acquisition de la maison d’enfance de René Lévesque

La maison gaspésienne où a grandi l’ancien premier ministre du Québec René Lévesque avait été classée monument historique en 1995 et immeuble patrimonial en 2012. Québec a finalement acquis la bâtisse.
Photo: Thierry Haroun Archives Le Devoir La maison gaspésienne où a grandi l’ancien premier ministre du Québec René Lévesque avait été classée monument historique en 1995 et immeuble patrimonial en 2012. Québec a finalement acquis la bâtisse.

L’État québécois a finalement acquis la maison de New Carlisle, en Gaspésie, où René Lévesque a habité au début de sa vie.

À titre de nouveau propriétaire, le gouvernement du Québec « a mandaté une firme d’architectes spécialisée en patrimoine qui établira dans les prochaines semaines l’état de “santé” du bâtiment afin d’en planifier la restauration, d’en assurer sa pérennité et de la mettre en valeur ». 

Le triste état du bâtiment a plusieurs fois été dénoncé ces dernières années : Québec affirme vouloir redonner « tout son lustre à ce bâtiment dont l’état est jugé préoccupant depuis quelques années ».

Cette acquisition par l’État québécois a été annoncée lundi, en pleine journée de scrutin fédéral.

[Québec] a mandaté une firme d’architectes spécialisée en patrimoine qui établira dans les prochaines semaines l’état de “santé” du bâtiment 

 

Cela fait plus de 30 ans que divers groupes se préoccupent de l’avenir de cette demeure de bois édifiée en 1904.

Valeurs historiques

La Maison René-Lévesque fut d’abord reconnue monument historique en 1995, au nom de « ses valeurs historique et architecturale ».

Elle n’en a pas moins continué de dépérir, même après qu’elle fut officiellement protégée par l’État, en 2012, cette fois en vertu d’une nouvelle Loi sur le patrimoine.

En 2017, le fédéral avait accordé une subvention de 750 000 $ à la Fondation de la Maison René-Lévesque pour soutenir la création d’un circuit patrimonial en périphérie de la demeure.

La maison elle-même n’était pas incluse dans le projet, la Fondation n’étant pas parvenue à s’entendre avec son propriétaire. Deux ans plus tard, le ministère québécois de la Culture était autorisé, par décret, à exproprier ce dernier, mais l’homme avait contesté l’opération devant les tribunaux.

L’été dernier encore, le président de Patrimoine Gaspésie, Jean-Marie Fallu, ainsi qu’un représentant de l’Espace René-Lévesque, Yannick Desbiens, dénonçaient le piétinement dans ce dossier. Ce n’est donc qu’au bout d’une longue saga que ce bâtiment de bois appartient désormais au domaine public.

Un changement de cap

La décision de l’État québécois de préserver les lieux constitue un retournement par rapport à une décision rendue en 1989, moins de deux ans après la mort du fondateur du Parti québécois et père de la nationalisation de l’électricité au Québec.

Cette année-là, en effet, l’État québécois avait refusé de consacrer ces lieux comme un symbole à préserver. De son côté, pendant longtemps la municipalité de New Carlisle n’a pas souhaité en faire davantage non plus, par crainte, disait-elle, d’« aviver des tensions sociales » ; la statue locale de René Lévesque a été vandalisée par le passé.

Grand reporter et vulgarisateur

Né à Campbellton, au Nouveau-Brunswick, en 1922, René Lévesque s’intéresse très tôt au monde des communications. En 1936, à l’âge de 14 ans, il est déjà annonceur-animateur à CHNC, la station de radio de New Carlisle.

Au sortir de la guerre, il est connu comme grand reporter et vulgarisateur hors pair. 

Devenu ministre du Parti libéral de Jean Lesage, il est crédité de la nationalisation des compagnies privées d’hydroélectricité. Après avoir lancé le Parti québécois en 1968, il devient premier ministre du Québec le soir du 15 novembre 1976. Il occupe ces fonctions jusqu’en 1985. Il rend l’âme deux ans plus tard, alors qu’il se trouve chez lui, à Montréal.

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