«The Artful Escape»: au son du cosmos

Dans «The Artful Escape», on s’imagine vraiment devenir une vedette intergalactique du rock avec Francis.
Illustration: Annapurna Interactive Dans «The Artful Escape», on s’imagine vraiment devenir une vedette intergalactique du rock avec Francis.

Qu’est-ce qui nous définit ? Comment devenons-nous ce que nous sommes ? À la veille de sa première performance, le jeune guitariste Francis Vendetti craque sous la pression que fait peser sur lui son entourage. C’est que son oncle était un génie de la musique folk, et tous s’attendent à ce qu’il marche aujourd’hui dans ses pas. Dans le voyage psychédélique aux confins de la galaxie de The Artful Escape, il écrira plutôt sa propre légende du rock.

Une aventure spatiale ? Francis n’a même pas le temps de sortir de son pyjama qu’il est emporté dans un vaisseau intersidéral depuis lequel est retransmis le plus grand concert de la galaxie. C’est maintenant ou jamais. Au fil de trois spectacles sur autant de planètes dans lesquels se mélangent jeu de plateforme en 2D et jeu de rythme classique, Francis apprend à se connaître… et à créer sa personnalité de scène.

Au revoir le folk qui lui donnait les blues, bonjour le glam-rock éclatant.

Et ça brille ! Les niveaux de chaque séance de jeu de plateforme réagissent à notre guitare holographique : des lumières s’illuminent, des fleurs s’ouvrent, des extraterrestres se mettent à danser. Sauter dans les airs au ralenti et au son d’un de nos riffs du tonnerre ? Oui, merci.

Puis les concerts. Chaque fois, une entité d’une strate différente du multivers nous donne le ton. Les notes sont liées aux boutons de la manette ; il suffit de suivre le rythme. L’approche est d’une simplicité désarmante, mais le résultat est efficace. On s’imagine vraiment devenir une vedette intergalactique du rock avec Francis. On est loin, par contre, d’un Rock Band ou d’un Guitar Hero. Et c’est pour le mieux. Chaque chose à sa place.

The Artful Escape est avant tout un jeu narratif centré sur l’histoire d’origine d’un garçon qui se cherche. Avec Francis, on décide de son identité rêvée, reléguant aux calendes grecques les attentes du reste du monde, choisissant de devenir soi. Quel sera son nom de scène ? De quelle planète viendra-t-il ? Quel sera son costume ? Quelle sera son histoire ? Ces choix sont entre nos mains.

Dommage par contre que l’intrigue soit si lente à démarrer. Mais si l’on décide de faire fi de ces quelque temps morts, on finira par s’attacher au jeune Francis. Après seulement deux ou trois heures de jeu, le dernier grand concert arrivera finalement beaucoup trop vite.

Les éditeurs d’Annapurna Interactive ont le talent pour dénicher ces courtes histoires interactives d’une originalité brillante. On pense, par exemple, aux récents Twelve Minutes et Maquette, ou au marquant If Found… ; des jeux ambitieux qui n’ambitionnent pourtant pas sur notre temps libre. Cette nouvelle création musicale du studio australien Beethoven and Dinosaur ne fait pas exception.

The Artful Escape

★★★ 1/2

Conçu par Beethoven and Dinosaur. Édité par Annapurna Interactive. Offert sur PC (Steam) et Xbox Series X et S.



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