Le Vieux-Palais d’Amos, futur Espace bleu

Le Vieux-Palais d’Amos est un édifice institutionnel de style Beaux-Arts, conçu par l’architecte Georges Saint-Michel et cité monument historique en 1996. La bâtisse sert actuellement de lieu d’exposition.
Christian Scott Creative Commons Le Vieux-Palais d’Amos est un édifice institutionnel de style Beaux-Arts, conçu par l’architecte Georges Saint-Michel et cité monument historique en 1996. La bâtisse sert actuellement de lieu d’exposition.

L’ancien palais de justice d’Amos, construit en 1922, qui fut à l’époque la première prison de la région, deviendra l’Espace bleu de l’Abitibi, a appris Le Devoir. Le Vieux-Palais rejoint ainsi Maison Mère Baie-Saint-Paul, la villa Frederick-James, à Percé, et la Pulperie de Chicoutimi dans la liste des lieux patrimoniaux déjà arrêtés pour faire partie du prochain réseau forgé par le gouvernement Legault afin d’attiser la fierté québécoise.

Le Vieux-Palais d’Amos est un édifice institutionnel de style Beaux-Arts, conçu par l’architecte Georges Saint-Michel et cité monument historique en 1996. La bâtisse, qui sert actuellement de lieu d’exposition et qui conservait des espaces consacrés à l’histoire de la région, a besoin de nombreuses restaurations, en plus de devoir faire l’objet d’une mise aux normes complète, comme l’ont confié des sources proches du patrimoine régional. Celles-ci voient d’un très bon œil le maillage du Vieux-Palais au projet des Espaces bleus, ces 17 sites — un par région — retenus par le gouvernement. Le premier ministre du Québec, François Legault, fera l’annonce mardi matin à Amos de la sélection du Vieux-Palais.

Photo: Pulperie de Chicoutimi La Pulperie de Chicoutimi

Dans la région de Charlevoix, c’est Maison Mère Baie-Saint-Paul qui hébergera l’Espace bleu. La transaction d’acquisition de l’ensemble conventuel des Petites Franciscaines de Marie, propriété de la Ville de Baie-Saint-Paul depuis 2016, est en cours, comme l’ont confirmé le Musée de la civilisation et la directrice générale de Maison Mère, Gabrielle LeBlanc. Quelle partie de l’immense complexe de 180 000 pieds carrés sera réservée au futur musée de la fierté d’ici ? Cela reste à déterminer, poursuit Mme LeBlanc.

Certaines parties du complexe datent probablement de 1900, d’autres sont plus récentes. L’ensemble comprend le couvent lui-même, où loge la chapelle du Sacré-Cœur dessinée par Eugène Talbot, mais aussi la maison Ambroise-Fafard (maintenant l’Espace muséal des Petites Franciscaines de Marie), l’ancienne boulangerie et la Grotte de l’Immaculée-Conception. Le tout est inscrit au répertoire du patrimoine culturel du Québec depuis 2003. « Le bâtiment est en excellent état », assure Mme LeBlanc, « en santé, mais bien sûr composé de différentes ergonomies et fonctions. Il y aura des efforts à mettre pour répondre aux usages projetés. »

« La vision des Espaces bleus telle qu’on nous l’a présentée est en belle cohésion avec notre vision, a commenté Mme LeBlanc. À ce jour, les bottines suivent les babines. » Reste que le maillage entre l’Espace bleu de Charlevoix et les 13 à 15 organismes à but non lucratif déjà hébergés à Maison Mère — dont une auberge de jeunesse, un média communautaire et un service d’accueil des nouveaux immigrants, par exemple — est encore entièrement à réfléchir, poursuit la directrice.

Besoin d’amour

Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, c’est la Pulperie de Chicoutimi, classée site historique en 1984, qui pourrait non seulement accueillir un Espace bleu, mais peut-être même en devenir un. Là, rien n’est encore confirmé, comme a tenu à le préciser le directeur général de la Pulperie, Jacques Fortin, mais pas d’autres lieux de la région ne seraient considérés. La Pulperie fait partie du complexe industriel de production de pulpe de bois pour la production de papier de l’ancienne Compagnie de pulpe de Chicoutimi.

« Le mandat muséal actuel de la Pulperie correspond tout à fait à la vision des Espaces bleus », renchérit M. Fortin, qui souhaiterait pour sa part la transformation de son musée, sis au Bâtiment 1921. La cathédrale industrielle d’architecture néo-hollandaise conserve la plus grande collection d’objets historiques au Saguenay–Lac-Saint-Jean actuellement, selon la Pulperie. Le Bâtiment 1921 « a besoin de beaucoup d’amour », indique M. Fortin, qui refuse de détailler davantage. En 2019, Radio-Canada chiffrait les travaux urgents (toiture, fenestration, drainage, climatisation) à 2 millions de dollars, et la mise à niveau nécessaire, à 6 millions.

À Percé, c’est la villa Frederick-James, qui date de 1887, juchée sur le cap Canon, qui se fera Espace bleu pour la Gaspésie, comme le dévoilait Radio-Canada il y a quelques jours. La transaction d’acquisition par Québec de la propriété qui appartenait à l’Université Laval depuis 2006 esten cours. La bâtisse, site patrimonial depuis 1973, est menacée par l’érosion de la falaise et par les failles qui minent le cap Canon. Une source gouvernementale bien informée du dossier a indiqué au Devoir « que le déménagement pour déplacer la villa devrait se faire. C’est sûr à 99 %, car le but des Espaces bleus, c’est de pérenniser des lieux patrimoniaux. Ça vient avec l’idée du legs culturel »qui motive le gouvernement dans ce projet.

Qui choisit les lieux ?

Deux ententes sont déjà bouclées pour penser la restauration de la villa, une d’un peu plus de 154 000 $ avec la firme d’ingénierie CIMA+ pour la conception des plans et des devis et pour le suivi des travaux, a indiqué Anne-Sophie Desmeules, relationniste au Musée de la civilisation. « Le gouvernement provincial a aussi mandaté St-Gelais Montminy & Associés architectes pour des services en architecture. Ce contrat, qui prévoit la conception des plans et des devis, s’élève pour sa part à plus de 644 000 $. » Les deux mandats se termineront en septembre 2022. 

Pour l’ensemble des Espaces bleus, le choix des immeubles est fait par le ministère de la Culture et des Communications, en collaboration avec la Société québécoise des infrastructures et le Musée de la civilisation. « En tant qu’acquéreur, le Musée sera responsable des rénovations », poursuit Mme Desmeules. « Le Musée peut compter sur l’expertise de la Société québécoise des infrastructures à titre de collaborateur. Des contrats seront octroyés dans le respect des lois en matière d’appel d’offres, au cas par cas et selon les projets. »

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