Centres d'artistes - La ville passée au crible

Septembre

Dans cette dissémination montréalaise, B-312 ne sera pas en reste. Le centre ne déménage pas, mais invite à l'exposition Arpenter l'île, promenades urbaines (16 septembre). On pourra y apprécier le travail qui a servi à la création d'un livre d'artistes édité par la galerie, Arpenter l'île, Montréal, vues singulières. Ce livre rassemble les oeuvres inédites de 25 artistes auxquels la galerie a demandé de rendre compte d'une rencontre inouïe avec un aspect de Montréal: l'étrangeté d'un lieu, un coin, une vue, un détail incongru, une image, une émotion particulière.

La Centrale, au 4296, boulevard Saint-Laurent, débute en trombe en participant cette fin de semaine à la vente de trottoir de la Main. Vidéos, sons et performances pimenteront l'ouverture du nouvel espace. Le 18 septembre marque les célébrations du 30e anniversaire du centre: une exposition d'archives, Ligne de temps, sera inaugurée. Dare-dare aussi a la bougeotte. Louis-Philippe Ogé poursuit un projet qui, franchement, nous laisse perplexe: il a logé des «fruits de poteaux» dans les arrondissements Ville-Marie et Villeray. Doug Sholes, quant à lui, soumet un projet au titre curieux: (Qu'est-) Ce qui se produit quand une chose est entretenue (?). L'artiste ouvrira un véritable chantier de construction au square Viger.

Toute la programmation de l'année à Skol aborde le rapport qu'entretient l'humain avec son environnement construit. Thomas Kneubühler pose son regard sur les tours du centre-ville de Montréal, de nuit, s'immisçant dans les bureaux avec un téléobjectif (3 septembre). Clark inaugure une nouvelle série d'interventions annuelles... dans sa salle d'eau. Mario Duchesneau baptise la chose, ce qui promet (jusqu'en 2005). La première plage de la saison revient par ailleurs à Hugo Brodeur, René Donais et Martin Beauregard.

Articule, mine de rien, fête cette saison ses 25 années d'existence. L'anniversaire sera officiellement souligné le 25 septembre, par une petite fête. Pour patienter, Hannah Claus, en explorant l'histoire, revient sur son héritage mohawk. Unsettlements renvoie aux notions d'appartenance, d'exclusion et de mélange de cultures (11 septembre).

Vox propose la deuxième des expositions inaugurales de son nouvel espace, boulevard Saint-Laurent. La commissaire indépendante Marie Fraser suggère Fabulation (jusqu'au 16 octobre) et table sur des situations qui partent de la réalité pour la transformer en quelque chose d'imaginaire. Pour établir ce flirt avec la fiction, la commissaire a retenu les travaux de Janieta Eyre (Toronto) et de Carlos et Jason Sanchez (Montréal), des artistes vus l'an dernier à Dazibao.

Justement, du côté de Dazibao, on tâtera de l'installation photographique. Louise Noguchi (Toronto) explore de cette façon la mythologie du cow-boy de l'Amérique du Nord comme métaphore pour le rôle de l'artiste. À Occurrence, côté peinture, on reçoit une des artistes du Symposium de Baie-Saint-Paul, Marina Saleme (Brésil), jusqu'au 16 octobre. À Circa (11 septembre), l'acte trois de l'intervention du duo Cozic (le second est à Graff cet automne) prendra l'affiche: De la possibilité d'un baiser (acte III: Tetraktys).

Alexandre David, vu il y a quelque temps au Musée d'art contemporain de Montréal, sera très actif cet automne: à Quartier Éphémère (23 septembre) et à B-312 (11 novembre). À Optica, Marie-France Brière tient un propos sur l'immatérialité, elle qui travaille cette fois avec de la poussière de marbre

(10 septembre).

Tontauben, une installation interactive de Marc Fournel, un artiste stimulant de la région, associé à l'Outaouais, ouvre la saison à Oboro (18 septembre). Bettina Hoffman présente actuellement Trouble-fête à la galerie du Centre Saidye-Bronfman, une exposition qui carbure à tel point qu'elle a été prolongée jusqu'au 26 septembre. La Société des arts technologiques présente l'exposition Art&D, qu'elle annonce comme une «sélection exceptionnelle des artistes les plus en vue et des oeuvres phares en art numérique.» Les festivités durent cinq semaines (dès le 1er septembre).

Octobre

En octobre, à Vox, Hannah Collins (Espagne) documente les secteurs de El Bespos et de Can Tunis, des lieux de développements urbains majeurs. À La Centrale, le 6e Mois de la performance doublera le 30e anniversaire. À Dazibao, Micah Lexier imbrique les usages de la photographie, de la sculpture et du dessin (15 octobre). En photographie de nouveau, la galerie du Centre Saidye Bronfman présente Theodore Wan une rétrospective majeure de cet artiste de la photographie conceptuelle aujourd'hui décédé (14 octobre).

À Clark, une exposition de groupe, Le Dernier Cri, ramène Valium en galerie. La dernière fois, c'était à Clark et on en reprendrait des comme ça plus souvent. Au même moment, Sylvain Bouthillette retourne le temps d'une exposition dans un centre d'artiste. À Skol, Myriam Yates s'intéresse aux systèmes de surveillance des endroits publics (8 octobre).

Novembre

À Plein Sud, Michel Campeau prend le plancher. Depuis quatre décennies, ce dernier ne cesse de dénicher de nouvelles avenues. Il signe Arborescences (6 novembre). À Circa, le sculpteur David Naylor présente Somewhere (20 novembre). Marie-Claude Pratte sera à Quartier Éphémère avec sa peinture de genre qui ne manque pas d'éclat (18 novembre). À Oboro, Steve Heimbecker présente une exposition au titre fort évocateur: Wind Array Cascade Machine (13 novembre).

Un des projets spéciaux de la galerie Articule se tiendra à Saint-Henri. Avec Used/Goods, une dizaine d'artistes, dont Serge Murphy, présenteront des oeuvres in situ en travaillant à partir du contexte et des objets usagés qu'offre le magasin de l'Armée du Salut à Saint-Henri (5 novembre). Pour décembre, Occurrence fera connaître une installation récente d'une artiste qui, sauf erreur, n'avait pas donné signe de vie depuis l'événement La Demeure, il y a deux ans, Danielle Sauvé.

Optica lance ses archives électroniques. Décades est un index électronique qui répertorie les activités de la galerie depuis 1972. Une contribution importante pour l'histoire des centres d'artistes au Québec comme au Canada.

Le Devoir

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