Les flâneuses

Illustration: Le Devoir
Manon Dumais

Tragédie à l’épicerie

Disponible depuis le 10 juin sur l’Extra de Tou.tv, la minisérie Après raconte comment une petite communauté tricotée serrée des Laurentides se remet d’une tuerie ayant fauché six des siens à l’épicerie. Certes, le sujet n’est pas joyeux et la première scène, celle du carnage, n’est pas facile à regarder. Et pourtant, il se dégage une telle humanité de ce drame décliné en six épisodes qu’on y trouve un certain réconfort, une lueur d’espoir en l’avenir. Ce drame est porté sur les solides épaules de Karine Vanasse, dans la peau d’une mère de famille monoparentale qui ne s’en laisse pas imposer.


Louise-Maude Rioux Soucy

Un air de famille

La franchise Baby boss joue sur les codes de l’enfance, se complaisant allègrement — parce que ça marche — à exploiter ses travers. Plaisirs instantanés et amour immodéré de la répétition servent ainsi de régime de base à ce Bébé boss 2 : une affaire de famille dans lequel la plus jeune du lunatique Tim, Tina — elle aussi flanquée d’une grande sœur, Tabitha, dans un duo en copie carbone de l’original —, prend le relais du toujours très corporatiste Ted. Une suite bourrée de calories vides, qui s’avale d’un trait comme une barbotine trois couleurs format géant. Gel au cerveau garanti ! En salle.


Caroline Montpetit

La mafia sur le divan

Après des mois de disette, qu’il est bon de se retrouver au théâtre, à quelques mètres de l’action rendue par les comédiens, de presque sentir leur souffle, voire leurs hésitations. À Sutton, la petite salle Alec et Gérard Pelletier, qui présente la pièce Un contrat, de Tonino Benacquista, se prête parfaitement au huis clos entre un mafioso et un psychanalyste livré par Robert Toupin et Raymond Cloutier, comédiens vé-térans et résidents de la région. Toupin est captivant en chef de gang qui consulte pour dompter ses angoisses, mais qui sait, le temps venu, exercer son pouvoir sur le psychanalyste.


Catherine Lalonde

Aux Environs de Burger

Comment a-t-on pu manquer la sortie d’Environs, sixième disque solo du chanteur, guitariste et compositeur français Rodolphe Burger ? La faute à la pandémie. On retrouve la voix et la guitare graves et profondes, dans la lignée de Bashung, hypnotisantes, litaniques. Et le côté intello-littéraire, l’obsession sur la traduction et des langues étrangères et l’amour des collaborations qui marquent ses précédents albums. Un chouïa éclectique : on y aime la reprise de Ba Ba Boum des Jamaïcans et les interprétations très personnelles des lieder du Winterreise de Schubert. Et la profondeur de la voix.