Ottawa injecte 400 millions pour les petits et les grands festivals

L’argent servira entre autres à soutenir les liquidités des grands événements, tels que le Festival international de jazz de Montréal, mais aussi à s’adapter en contexte de pandémie et à respecter les règles sanitaires.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir L’argent servira entre autres à soutenir les liquidités des grands événements, tels que le Festival international de jazz de Montréal, mais aussi à s’adapter en contexte de pandémie et à respecter les règles sanitaires.

Ottawa consacrera 400 millions de dollars sur deux ans afin de permettre la tenue au pays de festivals et d’événements culturels. La moitié de cette somme servira dès cette année, même pour ceux qui ont décidé de reporter leurs activités ou qui comptent revenir en force à l’été 2022.

Les ministres du Développement économique, Mélanie Joly, et du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, étaient présents au Centre Phi de Montréal lundi matin pour offrir plus de détails sur ces sommes qui avaient été d’abord annoncées dans le dernier budget fédéral.

D’abord, 200 millions de dollars iront à l’Initiative d’appui aux grands festivals et événements dont les fonds seront distribués par des organismes fédéraux de développement régional. L’argent servira à soutenir les liquidités des grands événements, mais aussi à s’adapter en contexte de pandémie et à respecter les règles sanitaires. Il pourra être distribué sous forme de subventions ou de prêts, selon la nature de l’entité. Les festivals dont le revenu annuel est supérieur à 10 millions de dollars peuvent soumettre une demande, à compter de lundi, sur un portail en ligne sur le site de Développement économique Canada.

La ministre Joly veut ainsi s’assurer que les plus grands festivals du pays, tels que le Festival international de jazz de Montréal, le Festival d’été de Québec, le Festival des films de Toronto ou encore le Stampede de Calgary, continueront de survivre à 2021 et reviendront en force l’an prochain, quand les touristes internationaux seront de retour.

« C’est ça, l’idée : les aider à survivre à la pandémie et aussi à continuer à garder les emplois qui sont liés à leurs opérations. On le sait déjà, il y a certains festivals qui ont décidé de se tenir plus à l’automne, donc qui ont reporté leurs activités, d’autres ont tout simplement annulé. Nous, on va pouvoir les aider, justement, à être fin prêts pour 2022 », a-t-elle déclaré en réponse à un journaliste.

Une autre tranche de 200 millions de dollars sur deux ans sera disponible par l’entremise de Patrimoine canadien pour appuyer les festivals locaux, les pièces de théâtres en plein air, les célébrations patrimoniales, les expositions muséales locales ou les événements de sport amateur dans les communautés à travers le pays. Les fonds seront distribués à même les programmes existants dès cette année.

De cette somme, le gouvernement fédéral se réserve 54 millions de dollars « afin de soutenir les programmes de célébrations et de commémorations une fois que le Canada émergera de la pandémie », selon un document d’information fourni par le ministère.

300 millions pour la relance

Finalement, le gouvernement fédéral consacre 300 millions de dollars dans son Fonds de relance pour les secteurs des arts, de la culture, du patrimoine et du sport afin de venir en aide aux organismes qui subissent encore les contrecoups de la pandémie et pour les aider à reprendre leurs activités. La liste de bénéficiaires est plutôt un fourre-tout.

On vient notamment injecter 60 millions de dollars sur deux ans afin d’aider les organisations nationales sportives à restaurer leurs programmes et services, 17 millions afin de tenir des événements sportifs et jusqu’à concurrence de 6 millions pour aider les athlètes olympiques et paralympiques à assumer les frais liés à leur quarantaine pour les Jeux olympiques de Tokyo cet été.

Ce sont 57 millions de dollars sur deux ans qui viennent soutenir les médias communautaires ou les nouvelles locales, notamment par l’Initiative de journalisme local, dont La Presse canadienne est l’un des bénéficiaires.

Le Conseil des arts du Canada aura pour sa part 50 millions de dollars l’an prochain pour aider à la recherche, à la création et à la production d’œuvres, ainsi qu’au développement des marchés et à l’innovation du secteur. Et le Centre Harbourfront, au centre-ville de Toronto, aura droit à 20 millions « afin de procéder à des réparations et d’apporter des améliorations importantes et urgentes ».

Les autres investissements visent à promouvoir les films et les livres d’auteurs canadiens, à aider les salles de spectacles qui ont des problèmes financiers et à soutenir les organismes voués à la formation artistique professionnelle.

À voir en vidéo