Les flâneuses

Illustration: Le Devoir
Manon Dumais

​Écrire en français hors Québec

« J’écris comme d’autres dansent ou se shootent à la pornographie. J’écris comme il m’arrive de chanter sous la douche ou en cuisinant un poulet à l’arachide. Si ça sonne faux, j’ajuste… » confie Blaise Ndala (Dans le ventre du Congo, Mémoire d’encrier), tête d’affiche du numéro estival de Lettres québécoises. Inspirée par cette jolie formule, la rédactrice en chef Annabelle Moreau propose le dossier « Écrire comme d’autres dansent » pour lequel elle a convié 12 écrivains, dont Sarah Marylou Brideau, Gabriel Robichaud et Lyse Gaboury-Diallo, à réfléchir sur l’acte d’écrire en français hors Québec.


Louise-Maude Rioux Soucy

Ouvrir les yeux

Ce n’est pas d’hier que les fantômes des pensionnats autochtones hantent nos mémoires et nos imaginaires. En fait foi la sélection de 21 films par l’ONF sur une chaîne réservée aux conséquences désastreuses et imprescriptibles de ce honteux système qui rattrape ces jours-ci le Canada. On y trouve notamment le perturbant Sœurs et frères de l’artiste en arts visuels Kent Monkman, plusieurs films de la prodigieuse Alanis Obomsawin dont Christmas at Moose Factory, le court métrage qui l’a lancée comme cinéaste en 1971, et le douloureux Retour à Holy Angels de Jay Cardinal Villeneuve. Incontournable.


Odile Tremblay

Traces d’étoiles

Dans une traduction de Colette St-Hilaire, Toots fait la Shiva, avenue Minto (Noroît),  d’Erín Moure, poète de Calgary établie à Montréal, est un témoignage émouvant et fragile sur un homme dont la vie serait passée inaperçue sans le récit de son ancienne amoureuse. Entre l’Abitibi, Montréal, Vancouver, le parcours et l’étoile de cet homme en partie d’ascendance huronne, tendre, alcoolique, pauvre, généreux, allumé, retrouve, grâce à ses mots, une dignité précieuse. Les Éditions du Noroît célèbrent par ailleurs leur demi-siècle dans J’écris peuplier sous la direction et avec les photos de Monique LeBlanc.


Amélie Gaudreau

Genèse rock d’une méchante glamour

On retrouve son cœur d’enfant (rebelle) devant Cruella, antépisode des 101 Dalmatiens, consacré à la jeunesse mouvementée de celle qui deviendra la terrible méchante rêvant d’utiliser ces gentils toutous pour en faire un élégant manteau. Ce conte cruel d’une vengeance, planté dans le Londres rock’n’roll des années 1970 et mené tambour battant grâce à la mise en scène à la fois somptueuse et délinquante de Craig Gillespie, vaut particulièrement le détour pour les performances jouissives des deux Emma (Stone et Thompson). À voir sur grand écran, ou sur Disney+.