Des musées complémentaires et non concurrentiels

Le principal objectif du projet d’Espaces bleus, dit Stéphan La Roche, est la revalorisation de bâtiments patrimoniaux, une tâche à laquelle les musées existants ne peuvent pas toujours répondre.
Photo: Capture d’écran, Projet Cité du Séminaire, Espace bleu de la Capitale-Nationale / Gouvernement du Québec Le principal objectif du projet d’Espaces bleus, dit Stéphan La Roche, est la revalorisation de bâtiments patrimoniaux, une tâche à laquelle les musées existants ne peuvent pas toujours répondre.

Le président-directeur général du Musée de la civilisation, Stéphan La Roche, espère que le projet de développement d’« Espaces bleus » agira à titre complémentaire plutôt qu’en concurrence aux musées régionaux existants. Il affirme que les nouveaux Espaces bleus seront conçus « sur mesure », selon la région et les services qui y existent déjà.

Ainsi, si chacun de ces espaces développait un volet consacré à l’histoire régionale, d’autres volets seront développés en complément aux offres existantes. Au Musée de l’Amérique française de Québec, par exemple, qui abritera la tête du réseau, on pense développer un espace consacré à la vulgarisation scientifique, puisque c’est le maillon faible du réseau muséal de Québec.

Le musée abritera aussi un espace dressant le portrait de l’ensemble du territoire québécois. Et c’est là qu’on développera également des expos itinérantes qui circuleront ensuite dans le réseau. Celles-ci se déclineraient sur différents thèmes. « Ce pourrait être le Saint-Laurent, par exemple, ou la chanson québécoise, ou les communautés autochtones, ou la langue française. Tout n’est pas décidé, mais ce sont des thèmes qu’on explore présentement », dit-il.

M. La Roche réagissait notamment à la grogne de certains musées régionaux, exprimée dans les pages du Devoir, au sujet du projet de développement d’un réseau de nouveaux musées dans le cadre du projet des Espaces bleus.

Or, le principal objectif du projet d’Espaces bleus, dit-il, est la revalorisation de bâtiments patrimoniaux, une tâche à laquelle les musées existants ne peuvent pas toujours répondre. « Au niveau du patrimoine, c’est d’abord un projet de conversion, de restauration et de rénovation de bâtiments patrimoniaux », dit-il. Parmi les critères de sélection de ces espaces, il identifie les suivants : le bâtiment doit être patrimonial sans nécessairement être classé, il doit déjà être situé dans un pôle culturel et touristique, avoir une forte portée symbolique identitaire et un bon potentiel de développement.

M. La Roche précise aussi qu’« il n’y aura pas d’Espaces bleus dans toutes les villes québécoises ». « Il n’y en aura pas 400, puisqu’on en prévoit un pour chacune des 17 grandes régions du Québec ». Ainsi, l’Espace bleu de la Gaspésie, par exemple, ne serait pas nécessairement situé à Gaspé, où le Musée de la Gaspésie offre déjà un espace consacré à l’histoire régionale. « C’est grand, la Gaspésie », dit-il.

« On va faire des consultations et on va renforcer le pôle culturel. On veut ajouter à l’offre pour l’enrichir et la bonifier et non pas pour entrer en compétition », dit-il, affirmant par ailleurs que le réseau permettra un important développement de l’expertise muséale québécoise.

Il admet cependant que « c’est normal qu’il y ait des inquiétudes parce que c’est un projet qui est nouveau. Mais ce que je peux dire, c’est qu’on veut une approche de complémentarité, de collaboration et d’inclusion. On veut développer les contenus et gérer les lieux avec les partenaires locaux et régionaux ». Si le choix des sites est au bout du compte la prérogative du ministère de la Culture et des Communications du Québec, le Musée de la civilisation est consulté, puisqu’« il faut que les lieux soient propices pour accueillir le contenu qu’on veut y mettre ».

On veut développer les contenus et gérer les lieux avec les partenaires locaux et régionaux 

Il n’y aura d’ailleurs pas seulement de bâtiments relevant du patrimoine religieux, dit-il. « Il n’y aura pas que des églises ou des presbytères. Il peut y avoir d’anciennes usines, d’anciennes banques ou d’anciens palais de justice ».

« Tout n’est pas décidé », précise-t-il. Si « on travaille déjà sur de fortes hypothèses » dans certaines régions, « tout le travail reste à faire » à d’autres endroits. Le tout devrait se déployer sur un échéancier de cinq ans, alors que l’on prévoit l’ouverture du premier pôle du réseau, celui du Musée de l’Amérique française à Québec, en 2022.

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