Cet été, la métropole sera culturelle

André Lavoie
Collaboration spéciale
Le Cabaret Yam! sera présenté à la Tohu du 8 au 18 juillet dans le cadre de Montréal complètement cirque.
Photo: Carl Lessard Le Cabaret Yam! sera présenté à la Tohu du 8 au 18 juillet dans le cadre de Montréal complètement cirque.

Ce texte fait partie du cahier spécial C'est l'été

Montréal n’est pas toujours une fête, surtout lorsqu’elle est sous l’emprise d’une canicule ou des cônes orange, mais, pendant l’été, ses rues et ses parcs affichent une vitalité peu commune. Les festivals y contribuent largement, grâce aussi à l’enthousiasme des citadins. Surtout à l’heure du déconfinement et de la vaccination.

Pour les hôteliers et les restaurateurs, la saison estivale 2021 ne passera peut-être pas à l’histoire, mais sera sans doute meilleure que la précédente, la population sortant peu à peu de sa torpeur liée à la COVID-19. Et s’il faut oublier les grands rassemblements débridés propices aux satanées gouttelettes, d’autres à échelle réduite auront bel et bien lieu.

Déplacements stratégiques

Les deux événements marquaient depuis longtemps le début de la belle saison. Ils auront bel et lieu, mais les Francos (habituellement en juin) et le Festival international de jazz (principalement en juillet) migrent vers le mois de septembre. Le premier, du 9 au 12 septembre, et le second, du 15 au 19 septembre, n’ont pas encore annoncé leurs couleurs, ni leurs têtes d’affiche, mais les organisateurs ont bien l’intention de faire vibrer les amateurs. Des concerts en salle sont prévus plus tôt cet été, et la place des Festivals finira bien par redevenir cette enclave unique, et euphorique.

Comme certains événements claironnent déjà le début de l’été 2021, ils devaient abattre leurs cartes au plus vite. C’est le cas de Montréal complètement cirque, qui a dévoilé ses activités, principalement à la Tohu, ce grand lieu consacré à l’art circassien, passablement malmené par la pandémie. Pour sa 12e édition, entre le 8 et le 18 juillet, le public pourra renouer notamment avec la douce folie du Cirque Alfonse et les rythmes de l’Afrique de l’Ouest des Productions Kalabanté avec son Cabaret Yam !

Vous en voulez plus, de ces merveilleuses sonorités ? Nuits d’Afrique revient en force pour souligner sa 35e édition. Du 6 au 18 juillet, aussi bien en salle, sur vos écrans que sur des scènes extérieures, on nous promet une ambiance enivrante, portée par des musiques qui viennent autant des Antilles que de l’Amérique latine : à l’heure où les voyages à l’étranger sont encore du domaine du rêve, l’événement apparaît plus nécessaire que jamais.

Autre incontournable de la belle saison, et qui fêtera sa 40e édition en 2022, le Festival Juste pour rire. Quelques tempêtes ont déferlé sur l’événement au cours des dernières années, mais la pandémie n’aura pas eu raison de cet incontournable du monde de l’humour. Dès le 15 juillet, les spectateurs reprendront avec joie le chemin de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, là où les attendent Laurent Paquin, Rita Baga, Rosalie Vaillancourt et Jean-Thomas Jobin pour des soirées où ils seront tous très bien entourés. Et ce n’est qu’une partie de ce qui attend les festivaliers.

L’avenir, c’est maintenant

Pendant de longs mois, les amateurs de culture ont été privés de tant de choses, et ils reprennent avec enthousiasme le chemin des musées et des galeries — pas seulement les jours de pluie. En dehors des grandes institutions, de plus modestes méritent largement le détour, tandis que d’autres lieux se transforment à la faveur des bouleversements provoqués par la pandémie.

Laboratoire de création artistique, espace se voulant à la fois galerie, studio et salle de cinéma, le Centre Phi constitue un lieu singulier au cœur du Vieux-Montréal. Quelques fois par semaine, en dehors de ses murs, vous avez rendez-vous avec des artistes comme Alexandra Stréliski et Dominique Fils-Aimé dans Trois mouvementsune exposition dynamique, interactive et multisensorielle. Cet étonnant parcours illustre la vie sur Terre vue du ciel, un voyage dans les étoiles, mais en toute sécurité à l’heure de la COVID-19.

Même sensation envoûtante dans un lieu bien connu des Montréalais, mais moins des amateurs d’art. Converti en centre de vaccination, le Palais des congrès se réinvente également en lieu d’exposition, profitant de la disponibilité de ses vastes salles. Ceux et celles qui ont adoré Imagine Van Gogh à L’Arsenal l’an dernier ne manqueront pas Inspirations. Cette nouvelle expérience immersive en sept temps déploie une technologie imposante pour nous arracher au quotidien, et combler nos envies d’être ailleurs — plus fortes que jamais.

Viens jouer dehors !

Le déconfinement ne signifie pas la fin de toutes les mesures sanitaires : le couvre-visage est de mise dans les espaces intérieurs, de même que les lieux achalandés, sans compter que la distanciation physique apparaît encore et toujours comme une règle d’or. Mais tout cela ne nous prive pas du plaisir des parcs verdoyants, des rues piétonnes, et du spectacle improvisé des badauds savourant une certaine liberté retrouvée. Et on ne le dira jamais assez : à défaut de découvrir des contrées lointaines, renouons avec tout ce que Montréal a de beau et de bon à offrir, surtout à pied.

Même si les fêtes du 375e anniversaire de la fondation de la métropole ont offert des legs moins flamboyants, et moins coûteux, que ceux d’Expo 67 ou des Jeux olympiques de 1976, il est encore possible d’en profiter… à la marche. C’estd’abord vrai pour la promenade Fleuve-Montagne, un parcours de 3,8 km reliant deux symboles naturels, et puissants, qui caractérisent Montréal. Le chemin est parsemé d’art public, d’attractions touristiques, d’espaces de quiétude, et d’autres plus animés. À faire seul, en famille ou entre amis, plaisir garanti.

Photo: Jean-François Gratton/Shoot Studio L'une des projections de «Cité Mémoire», un parcours conçu pour faire découvrir des Montréalais qui ont marqué la métropole au fil des siècles. 

Autre promenade, celle-là nocturne, également inaugurée lors des fêtes du 375e, et qui n’a rien perdu de sa pertinence : Cité Mémoire, une création de Michel Lemieux et Victor Pilon avec la collaboration du dramaturge Michel Marc Bouchard. Certains secteurs du Vieux-Montréal, du Vieux-Port et du centre-ville offrent une imposante succession de tableaux animés — les édifices deviennent comme autant d’écrans — rendant hommage à des personnages célèbres, ou inconnus, qui ont façonné le destin de la ville au fil des siècles. Pour une expérience optimale, téléchargez sans frais l’application Montréal en Histoires.

Au fil des années, la ville est devenue un carrefour important de l’art mural, et le festival Mural contribue à cette renommée depuis 2012. En août prochain, il sera une fois de plus possible de voir en action des artistes pour qui les façades des grands immeubles sont autant de tableaux blancs offerts à toutes les fantaisies. Ces débordements de couleurs aux quatre coins de Montréal sont des occasions uniques de découvrir à la fois des créateurs de talent que des coins méconnus, ou à voir sous un nouveau jour. Une façon parmi tant d’autres de se réapproprier la cité après tout ce temps de torpeur pandémique.

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