Marie Grégoire aurait une longueur d’avance à la succession de Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Après le dernier processus de sélection, qui s’est étendu de l’automne 2016 au printemps 2018, le conseil d’administration actuel de Bibliothèque et Archives nationales du Québec compte faire les choses plus promptement.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Après le dernier processus de sélection, qui s’est étendu de l’automne 2016 au printemps 2018, le conseil d’administration actuel de Bibliothèque et Archives nationales du Québec compte faire les choses plus promptement.

Le poste de p.-d.g. de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), la plus grosse institution culturelle du Québec, suscite un engouement. Le ministère du Conseil exécutif (MCE) a reçu pas moins d’une vingtaine de dossiers de candidature, dont celui de Marie Grégoire à l’égard duquel le gouvernement de François Legault dissimule mal son préjugé favorable, a appris Le Devoir.

La bibliothécaire en chef de l’Université Concordia, Guylaine Beaudry, est également sur les rangs pour décrocher ce poste. Marie Grégoire, communicatrice multifonction, semble avoir une longueur d’avance avant même que BAnQ ait reçu la liste des candidatures du Secrétariat aux emplois supérieurs du MCE.

La membre fondatrice de l’Action démocratique du Québec, dont elle a représenté les couleurs à l’Assemblée nationale en 2002-2003, et du Club des ex de RDI, a officialisé sa candidature la semaine dernière. Elle réfléchissait toutefois à l’idée de succéder au p.-d.g. sortant de BAnQ, Jean-Louis Roy, depuis plusieurs semaines, parfois à haute voix. Ses ambitions ont trouvé écho au cabinet de la ministre de la Culture, Nathalie Roy, qui s’est vite rangée derrière elle.

Marie Grégoire est aussi entrepreneuse, gestionnaire, en plus d’être co-autrice notamment des essais Le cœur des Québécois : l’évolution du Québec de 1976 à aujourd’hui (Presse de l’Université Laval), et Robert Bourassa et nous : 45 regards sur l’homme et son héritage politique (Éditions de l’Homme). Les stations de radio et de télévision sollicitent régulièrement son avis sur des sujets d’actualités.

La ministre de la Culture, Nathalie Roy, a refusé d’afficher publiquement son appui à la candidature de Marie Grégoire pour pourvoir le poste névralgique dans l’acquisition, la conservation et la diffusion du patrimoine documentaire québécois ou relatif au Québec. « Actuellement, le processus de sélection est en cours », s’est-elle contentée de dire dans un échange avec Le Devoir lundi. L’élue caquiste a dit ignorer si plus d’une personne avait soumis sa candidature. « Je n’ai pas de listes de personnes [intéressées] », a-t-elle affirmé. Pourtant, derrière les portes closes, des membres de son équipe prennent fait et cause pour Mme Grégoire.

Guylaine Beaudry, vice-provost, stratégie numérique, entame pour sa part sa deuxième tentative pour décrocher le poste de p.-d.g. de BAnQ, a aussi appris Le Devoir. Avant d’effectuer son retour à l’Université Concordia, Mme Beaudry exerçait les fonctions de directrice du centre d’édition numérique de l’Université de Montréal et de directrice générale de la plateforme d’édition de revues et d’ouvrages savants dans le domaine des sciences humaines et sociales, Érudit. « Même si je suis gestionnaire, je suis d’abord et avant tout bibliothécaire », avait-elle mentionné à la publication Affaires universitaires en 2019.

Épisode de stupeur

Au printemps 2018, Mme Beaudry avait fait bonne impression sur la firme de recrutement Raymond Chabot Ressources Humaines Inc., puis sur le conseil d’administration de BAnQ. Celui-ci avait même recommandé sa candidature à la ministre de la Culture, Marie Montpetit.

L’élue libérale avait passé outre le long processus de sélection de BAnQ après le désistement à la dernière minute de Guylaine Beaudry et  auparavant l’exclusion de la course de Manon Gauthier par le Secrétariat aux emplois supérieurs pour confier un mandat de trois ans à la tête de l'institution phare à l’ancien directeur du Devoir (1981-1986), Jean-Louis Roy. Celui-ci prendra fin jeudi.
 

La nomination de Jean-Louis Roy, imposée par le gouvernement Couillard en mai 2018, avait frappé de stupeur les membres du conseil d’administration de l’institution. Martin Carrier, alors président, avait démissionné en guise de protestation.

L’article 4.2 de la loi sur BAnQ stipule que le p.-d.g. de BAnQ est « nommé par le gouvernement », et ce, « sur la recommandation du CA en tenant compte du profil de compétence et d’expérience établi par le conseil ». « Si le CA ne recommande pas la nomination d’une personne au poste de président-directeur général dans un délai raisonnable, le gouvernement peut nommer celui-ci », peut-on aussi lire.

Nouvelle approche

Le CA actuel de BAnQ a appris des leçons du précédent processus de sélection du numéro un de l’institution, qui s’est échelonné de l’automne 2016 au printemps 2018, où il s’est terminé en queue de poisson, a indiqué l’un de ses membres au Devoir. Il fera les choses promptement cette fois-ci, promet-on.

« Il est prévu que le CA, qui se réunit le 23 juin, fasse ensuite une recommandation au ministère », a indiqué la directrice des communications de BAnQ, Luci Tremblay.

La secrétaire générale et directrice des affaires juridiques, Anne Milot, assurera l’intérim jusqu’à la désignation d’un nouveau p.-d.g. par le Conseil des ministres.

La ministre Nathalie Roy n’exclut pas la possibilité de passer outre la recommandation du conseil d’administration de BAnQ comme sa prédécesseur Marie Montpetit l’a fait il y a trois ans. « On va attendre de voir les recommandations », a indiqué son attaché de presse, Louis-Julien Dufresne, mardi.

Avec Caroline Montpetit
 



Ce texte a été mis à jour après publication pour y ajouter des précisions.

 

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