Sur le chemin du souvenir

Fermé en décembre dernier, le Festival international de nouvelle danse (FIND) entre tranquillement dans les rangs du souvenir. Pour ne pas le laisser mourir tout à fait, les Archives nationales du Québec ont signé un contrat avec l'ancienne administration de l'organisme afin d'acquérir toute sa documentation. Et elles souhaitent faire de même pour le périodique indépendant Recto-Verso, fermé il y a peine quelques semaines.

«Ça fait foi de l'existence d'un organisme, de toute sa manière de fonctionner, et de ses orientations, indique la directrice du centre de Montréal, Lucille Vachon. On a 41 mètres de documents textuels — dossiers d'administration, procès-verbaux, etc. —, 8000 photos et 750 bandes magnétiques» du FIND.»

Actuellement, les deux tiers de ces quelque cent boîtes d'archives ont été traités. Le fonds est divisé en trois sections: les documents relatifs à l'administration (correspondance, rapports, etc.), ceux liés aux communications et ceux découlant des activités de programmation. «On ne parle pas de livres, d'imprimés ou d'objets, précise-t-elle. Ce sont les archives non publiées comme la correspondance, des études, des rapports, des photos, de l'audiovisuel, des plans d'architectes, des documents informatiques.»

Le centre des archives ne procède pas systématiquement à ce genre de cueillette de données. «Pour la majorité de nos acquisitions, ce sont les gens qui nous contactent», souligne la directrice. Un comité se réunit alors pour statuer de l'acquisition ou non des documents selon leur importance historique, leur qualité esthétique, leur rareté, leur champ disciplinaire ou leur complémentarité avec des fonds qui existent déjà.

Actif pendant plus de vingt ans, le FIND disposait d'un important centre de documentation incluant notamment des bandes vidéo d'oeuvres de chorégraphes de partout à travers le monde ainsi que des dossiers sur les artistes et compagnies invitées. Une mine d'informations à laquelle le public aura donc accès bientôt.

Les Archives nationales ont aussi approché le magazine d'information alternatif Recto-Verso, qui a récemment fermé ses portes. «À l'heure actuelle, on n'a pas reçu de réponse, note Mme Vachon. Mais le dossier suit son cours.» Recto-verso existait depuis 1953, d'abord sous le nom Vie ouvrière. Diffusé gratuitement à 80 000 exemplaires, il était l'un des rares périodiques indépendants du pays à mettre au jour les enjeux sociaux d'ici et d'ailleurs. Jointe par Le Devoir, l'ex-directrice du périodique, Anne-Marie Brunelle, a indiqué qu'il serait tout à fait dans l'ordre des choses de livrer, éventuellement, ses fonds d'archives.