Les flâneurs

Illustration: Le Devoir
Dominic Tardif 

La machine à tubes des Trois Acc’

Live dans le plaisir, le concert filmé des Trois Accords à l’affiche depuis vendredi, brille grâce à l’incongruité souvent sublime des images projetées sur le gigantesque écran érigé derrière le groupe, ainsi que grâce aux gros plans (très Stop Making Sense) du réalisateur Louis-Philippe Eno. Reste que c’est le barrage de mélodies velcro qui époustoufle le plus. La bande à Simon Proulx enfile les tubes sans discontinuer en ayant l’élégance de les réinventer juste assez (suave version hawaïenne de… Saskatchewan !) pour nous convaincre de renouveler nos vœux avec ce catalogue, d’une densité inégalée.


Odile Tremblay

Au Congo avec Paul Kawczak

Le prix des libraires du Québec attribué la semaine dernière à Ténèbre, remarquable roman d’aventures et odyssée initiatique à la Joseph Conrad de Paul Kawczak est l’occasion rêvée de plonger dans un périple imaginatif, très fouillé et puissamment mené. Cet écrivain québécois né en France aborde la colonisation sanglante du Congo à la fin du XIXe siècle avec de fascinants personnages (dont un bourreau chinois clairvoyant), tout en nous invitant au chevet de Baudelaire pour partager les folles virées de Verlaine. Il capte en Europe et en Afrique les lumières et les horreurs d’une époque qui marqua la nôtre.


Manon Dumais

Tout le monde aime les chats

« Les chats n’ont jamais manqué d’admirateurs, et les plus grands artistes du monde ont toujours su leur rendre hommage. » Inspirée par l’œuvre du peintre franco-japonais Tsuguharu Foujita, l’équipe du magazine Zinc a demandé à l’artiste Arizona O’Neill de diriger un numéro hors-série pour célébrer la race féline dans toute sa grâce. Une trentaine d’illustrateurs, parmi lesquels Jimmy Beaulieu, Cathon, Delphie Côté-Lacroix et Pascal Girard, ont donc été conviés à présenter leur chat préféré. Un numéro irrésistible teinté d’humour, de tendresse et de poésie pour les grands amoureux des chats.


Louise-Maude Rioux Soucy

Ce qu’il faut pour vivre

Vibrante autofiction bourrée d’humour et de dérision, De ta force de vivreraconte, par la mort du père, les déchirements primordiaux qui nous assaillent quand on n’est pas à s’étourdir de travail, de fête ou d’amour. Marie-Ève Perron saute avec énergie dans ce solo dont elle tient les rênes (au texte comme à la mise en scène). Traversé par les réflexions lumineuses de l’anthropologue Luce Des Aulniers, l’ensemble, un peu échevelé, n’est jamais noir, pulsant plutôt la vie avec ses écarts, ses maladresses et son inusable fureur, cela, sans tirer de larmes. À La licorne, jusqu’au 16 juin.