Chanson - Refaire le tour de l'île

Un nouveau festival dédié à Félix Leclerc réunit Marie Tifo, Pierre Curzi, Jean-Claude Labrecque, Fred Pellerin, Stefie Shock, Marie-Claire Séguin, Huguette Oligny, Françoise Faucher, Gérard Poirier, François Dompierre et Paul Hébert.

Nathalie Leclerc convie le public à se plonger dans l'univers de son chanteur de père du 3 au 8 août, à l'Espace qui porte son nom, sur l'île d'Orléans. Concoctée avec beaucoup de goût, la programmation de ces «Chants de la félixité» prend la forme d'un chaleureux rendez-vous entre amis.

«Mon père est né le 2 août et il est mort le 8. C'est sa semaine à lui», rappelle la fille du poète, qui a fait de la protection et de la diffusion de l'oeuvre de son père une véritable vocation. Depuis l'ouverture de l'Espace Félix-Leclerc dans une grange de Saint-Pierre, il y a trois ans, Nathalie avait en tête un événement «félixien» étalé sur plusieurs jours. D'où cette première tentative en compagnie d'artistes qu'il a connus, aimés ou qu'il aurait aimés.

Claude Léveillée, un grand ami de la famille, devait ouvrir la semaine, le 2 août, mais la soirée a dû être annulée en raison de ses problèmes de santé. Au lieu de le remplacer, on a préféré reporter le spectacle à une date indéterminée. Ça commence donc le 3 août avec le réalisateur Jean-Claude Labrecque, qui racontera le tournage de La Vie, documentaire intimiste de 1967 dressant le portrait du chanteur. «Le film montre mon père se promenant sur l'île, réfléchissant. Il est dans une espèce d'entre-deux. C'est du jamais vu», résume Nathalie Leclerc. Le même soir, les comédiens Marie Tifo et Pierre Curzi liront une sélection de textes de chansons d'amour (La Fille de l'île, Présence, Passage de l'outarde... ). «J'ai pensé à Tifo et Curzi parce que mon père les aimait beaucoup. Je voulais aussi avoir un couple de longue date pour lire ses textes d'amour.» Jointe dans la région de Montréal à quelques jours de l'événement, Marie Tifo ne tarissait pas d'éloges sur le poète décédé en août 1988. «C'est un homme qui m'a beaucoup inspirée par son authenticité, sa façon de dire les choses. Pour moi, c'est l'image même de l'homme intègre.»

Le lendemain soir, ce sera au tour du jeune conteur Fred Pellerin de saisir la scène avec son spectacle Il faut prendre le taureau par les contes. «Je l'ai choisi parce que c'est un poète, un conteur, et je pense que mon père l'aurait adoré», précise Nathalie. Tout comme Pellerin, le chanteur Stefie Shock, qui doit jouer le lendemain, n'a pas connu Félix Leclerc. Mais il est lié au regretté chanteur par ce prix Félix-Leclerc reçu en 2002. Ce prix est décerné chaque année par la Fondation Félix-Leclerc.

D'après sa fille, Félix avait deux chanteuses préférées: Diane Dufresne et Marie-Claire Séguin. C'est à cette dernière qu'on a confié la soirée du vendredi 6 août. Samedi, ses amies d'enfance, les comédiennes Huguette Oligny et Françoise Faucher, viendront lire des extraits de Pieds nus dans l'aube en compagnie de Gérard Poirier. Enfin, le dimanche 8, on a organisé une réunion entre le comédien Paul Hébert — aussi un résidant de l'île d'Orléans — et le compositeur François Dompierre, à qui l'on doit les superbes arrangements du Tour de l'île. Le premier lira des textes, le second sera au piano.

Au final, le sceptique verra peut-être dans cet événement un débordement de nostalgie. À ce propos, Marie Tifo fait toutefois remarquer à quel point Félix Leclerc, de par son oeuvre et ce qu'il était, demeure un bon guide. «C'est beau, la nostalgie, mais ce qui est important, c'est de parler des vraies choses. Félix a fait ça toute sa vie. C'était le géant qui représentait toute une nation mais aussi un modèle dans la vie. Il a tracé une voie à suivre.»

Les Chants de la félixité

Du 3 au 8 août à l'Espace Félix-Leclerc

682, du chemin Royal, Saint-Pierre, sur l'île d'Orléans. Renseignements: