Moins de radio pour les ados, selon Statistique Canada

À l'heure où le débat autour de la mort de CHOI-FM, station radiophonique de Québec, prend une tangente toute politique, Statistique Canada constate que le temps consacré à l'écoute de la radio par les jeunes Canadiens de 12 à 17 ans a considérablement diminué au cours des cinq dernières années.

À l'automne 1999, les jeunes de cette tranche d'âge écoutaient en moyenne 11,3 heures de radio par semaine. Quatre ans plus tard, ils n'en écoutaient plus que 8,5 heures. Cette tendance à la baisse du temps d'écoute s'applique d'ailleurs aussi à la télévision chez les adolescents. Au Québec, les adolescents francophones écoutent encore moins la radio: en moyenne 6,8 heures par semaine, contre 10,2 heures pour les jeunes anglophones québécois.

Les Anglo-Québécois, champions de la radio

Dans l'ensemble de la population, les Canadiens ont écouté la radio en moyenne 19,5 heures par semaine, soit une heure de moins qu'en 1999 et une heure et demie de moins qu'en 1995.

Au Québec, les anglophones échappent curieusement à ces tendances à la baisse. Ils ont, en effet, consacré le même temps à l'écoute de la radio qu'en 2002. Ils gagnent ainsi, selon l'étude de Statistique Canada, le titre de plus grands amateurs de radio au pays.

C'est le soir, après 19 heures, que les adultes écoutent le moins la radio. Et règle générale, les hommes âgés de plus de 18 ans écoutent davantage la radio dans la voiture tandis que les femmes le font surtout à la maison.

La musique populaire a continué de dominer le marché canadien dans une proportion de 24,2 %, suivie des «succès souvenirs» et du rock avec 18,6 %. Au Québec toutefois, le succès de la musique populaire, la «musique contemporaine pour adulte» comme la décrit l'agence gouvernementale, grimpe à 27,2 % tandis que les «succès souvenirs» et du rock recueillent 14,6 % du temps d'écoute.

En 2003, la radio de Radio-Canada a conservé sa place de troisième choix radiophonique de l'ensemble des Canadiens pour une deuxième année consécutive. Elle est cependant talonnée de très près par la radio privée à prédominance verbale, en partie à cause d'événements qui ont entraîné des débats sur des questions d'affaires publiques ou un intérêt particulier pour les nouvelles. Statistique Canada cite en exemples la guerre en Irak et la crise appréhendée du SRAS.

Au Québec, la radio publique de Radio-Canada arrive cependant au quatrième rang. Elle obtient ici 11,6 % du temps d'écoute radiophonique, ce qui est tout de même loin des mauvais résultats enregistrés par la radio de nos impôts en Alberta (7,7 % ) et en Ontario (9,3 % ).