France - Les FAI et l'industrie du disque signent une charte

Paris — Les fournisseurs d'accès Internet (FAI) français et l'industrie du disque ont signé hier une charte énumérant leurs engagements pour le développement d'une offre légale de musique en ligne.

«Cette charte est fondée sur un constat partagé de la nécessité de promouvoir un Internet haut débit tout en assurant une diffusion légale de la création artistique, indiquent le ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie et celui de la Culture et de la Communication dans un communiqué.

Cette signature fait suite à une réunion de l'ensemble des acteurs concernés le 15 juillet dernier à Bercy.

Parmi les principales mesures figure notamment l'augmentation, avant la fin de l'année 2004, du nombre de titres disponibles en ligne de 300 000 à 600 000 titres, soit l'équivalent de 60 000 albums.

«Une offre claire et compétitive dans le domaine de la musique payante sera mise en oeuvre. Des actions de promotion de l'offre légale de téléchargement et la sensibilisation des internautes, notamment les jeunes, au respect des droits de propriété intellectuelle sur Internet sont également prévues», soulignent les parties en évoquant «un engagement conjoint de lutter contre le téléchargement illicite d'oeuvres protégées».

Une concertation régulière est instituée par cette charte pour suivre la mise en oeuvre de ces mesures.

S'exprimant devant les représentants des industries de la musique, de l'audiovisuel et de l'Internet, le ministre délégué à l'Industrie, Patrick Devedjian, a assuré qu'il s'agissait d'une «avancée significative». Il a relevé que les signataires de la charte avaient affiché leur volonté de «sortir des stigmatisations» et de «rentrer dans le dialogue».

«Ne pas stigmatiser, c'est reconnaître les préoccupations légitimes de l'industrie du disque, qui fait face à une importante crise», a-t-il dit en précisant que son chiffre d'affaires avait baissé de 15 % en 2003 et de 20 % au premier semestre 2004.

«Mais ne pas stigmatiser, c'est aussi éviter de prendre Internet et les internautes pour bouc émissaire. La crise du disque a des facteurs beaucoup plus profonds et structurels que le seul piratage, liés notamment à l'évolution des modes de consommation de la musique», a-t-il expliqué.