Elliot Page confie que la pandémie lui a offert un climat propice à l’introspection

L’acteur né à Halifax s’est entretenu en tête-à-tête avec l’animatrice Oprah Winfrey.
Photo: Apple TV+ via Associated Press L’acteur né à Halifax s’est entretenu en tête-à-tête avec l’animatrice Oprah Winfrey.

Elliot Page confie que le temps passé seul en Nouvelle-Écosse aux premiers jours de la pandémie de COVID-19 lui a permis de prendre conscience de son corps et de reconnaître qu’il était réellement un homme transgenre.

L’acteur né à Halifax s’est entretenu en tête-à-tête avec l’animatrice Oprah Winfrey. Il a raconté durant l’entrevue que le fait d’être tenu à l’écart des projecteurs du secteur du divertissement, lorsque tout s’est arrêté l’an dernier, lui a permis de prendre le temps de s’écouter enfin.

« C’était probablement la première fois de ma vie, où je me suis réellement senti à l’aise et bien seul », a mentionné l’acteur de 34 ans qui s’est révélé publiquement en tant que transgenre en décembre dernier.

« Auparavant c’était incroyablement difficile pour moi de simplement m’asseoir avec moi-même. Je crois que j’ai réalisé que d’accéder à cet espace, en étant en plus entouré par la nature, était presque comme entrer dans un état de relaxation », a-t-il décrit.

Elliot Page a discuté avec Mme Winfrey dans le cadre de la série d’entrevues « The Oprah Conversation » diffusée sur la plateforme Apple TV+. Cet échange rendu disponible aux abonnés vendredi a été enregistré alors qu’Elliot Page se trouvait à Toronto et que l’animatrice se trouvait à Hawaï. Le montage permet toutefois de laisser croire que le duo se trouve dans la même pièce.

Tout au long de l’échange d’une cinquantaine de minutes, Elliot Page offre des réflexions sur sa vie en grandissant dans « un système très binaire » de normes genrées qui se trouvent amplifiées par le star-système hollywoodien. Il dit avoir ressenti un « profond inconfort et une déconnexion avec son corps » à l’âge de la puberté. Un état qui s’est aggravé lorsqu’il s’est retrouvé plongé dans la course aux Oscar à la sortie du film « Juno ».

« Je me souviens que je ressentais une telle impossibilité de communiquer mon mal-être parce qu’évidemment il y a tellement d’enthousiasme autour », a-t-il relaté.

« Le film a connu un énorme succès inattendu, je suis devenu assez connu… tout ça a fait que je ne me sentais pas apte à exprimer l’ampleur de la souffrance qui m’habitait », révèle l’acteur 14 ans après la sortie du film.

Elliot Page dit aujourd’hui se sentir investi de la responsabilité d’utiliser sa visibilité sur les différentes plateformes pour dénoncer la rhétorique destructrice des transphobes, homophobes et autres voix anti-LGBTQ.

Aux États-Unis, des projets de loi visant à restreindre les droits des jeunes transgenres sont déposés dans certaines régions du pays, touchant divers enjeux comme les soins de santé et l’accès aux compétitions sportives.

L’acteur insiste particulièrement sur l’enjeu de l’accès aux soins de santé pour la communauté trans, en soulignant qu’il ne s’était jamais senti aussi heureux que depuis qu’il a subi sa chirurgie.

« Je veux que les gens sachent que cela a non seulement transformé ma vie, mais je suis persuadé que cela peut sauver des vies et que c’est le cas pour de nombreuses personnes », plaide-t-il.

Invité à s’adresser aux jeunes trans qui doivent affronter d’incessantes attaques transphobes, Elliot Page a répondu : « Je veux leur dire que je les vois. Qu’ils existent. Qu’ils sont réels. »

« Je veux que les jeunes sachent qu’ils sont aimés », a-t-il renchéri.

« Et je vais continuer de faire ce que je peux pour aider la société à changer la manière dont elle traite les personnes trans. »