Les flâneuses

Illustration: Le Devoir
Odile Tremblay

De la misère à la beauté

Riches de sens et de beauté sont les œuvres de Caroline Monnet au MBAM. Sous le titre Ninga Minèh (la promesse), l’artiste en partie d’origine anichinabée a droit à sa première exposition solo au pays, certes pas la dernière. De matériaux de construction, de laine minérale et autres contreplaqués en usage dans les réserves, moisissures incluses, elle tire des œuvres d’une beauté fulgurante, où ailes de corbeaux et motifs traditionnels font la ronde. Elle dénonce les conditions de vie des Autochtones tout en captant la splendeur sous la désolation.


Manon Dumais

Finale émouvante

Il reste un épisode à Bête noire, série de Patrick Lowe et Annabelle Poisson réalisée par Sophie Deraspe. Bien qu’ils en sachent plus sur ce qui a motivé Jérémy (Zakary Auclair) à s’enlever la vie après avoir tiré sur ses camarades de classe, le sergent Boisvert (Martin Dubreuil) et la coroner Sirois (Sophie Cadieux) réservent des surprises à sa mère (Isabelle Blais) et à son père (Stéphane Gagnon). Malgré des faits troublants (intimidation, violence envers les femmes, masculinité toxique), la finale bouleversante est porteuse d’espoir. Le mercredi, 20 h, à Séries Plus.


Amélie Gaudreau

Sobre conclusion

La comédie grinçante Shrill (en français sur Tou.tv Extra) boucle la boucle avec un troisième effort (dès le 7 mai sur Crave) qui verse plutôt du côté du drame, même s’il reste de belles envolées comiques qui mettent en valeur le talent d’Aidy Bryant dans le rôle principal. Sa Annie, jeune journaliste au physique généreux et qui veut rester ainsi, a gagné une confiance en elle qui lui a permis de s’épanouir, mais le spectre de ses insécurités passées vient lui jouer des tours dans les derniers chapitres plus sobres et sombres de cette production rafraîchissante.


Louise-Maude Rioux Soucy

Inusables leçons fantomatiques


C’est d’un album inusable, beau à pleurer, qu’accouchait Philippe B, il y a dix ans, avec Variations fantômes. Ce dernier demeure bien installé depuis parmi nos chouchous intemporels. Le revoici emballé dans de nouveaux habits, ceux des grands soirs, pour une réédition sur vinyle couleur argent, clin d’œil à la patine du temps qui paraît plus que favorable à cet album traversé, osons le mot transfiguré, par l’esprit des Debussy, Vivaldi, Satie ou Strauss. Merci à Bonsound qui a glissé, entre toutes les beautés rassemblées de cet album majeur, du matériel inédit à déballer dès le 3 mai.



Une version précédente du paragraphe « Finale émouvante » mentionnait que le rôle du père dans Bête noire était tenu par Steve Gagnon, mais ce rôle est joué par Stéphane Gagnon.