Le Festival Juste pour rire dresse un portrait final plus que positif

Après les festivités, le bilan. Sans grande surprise, les organisateurs du Festival Juste pour rire (FJPR) ont dressé hier un portrait final plus que positif de la 22e édition de ce grand rassemblement de clowns. Et ce, même si la météo n'a pas toujours été de la partie, comme le veut la formule consacrée par l'ensemble des organisateurs de festival du Québec.

Les chiffres en témoignent. La cuvée 2004 du FJPR a attiré dans les rues du Quartier latin à Montréal près de 1,5 million d'adeptes de la contraction des zygomatiques. Au grand bonheur de Paulette et de ses lampes — une installation artistique d'origine française —, du nain de jardin en cage de la rue Saint-Denis, des danseurs italiens de Waterwall, chorégraphie aquatique à saveur électronique — ou encore des girafes géantes de la troupe Félicité théâtre.

Au lendemain de la fermeture du festival, tous ont désormais remballé leurs accessoires et décors pour rentrer chez eux. Tout comme d'ailleurs Dieudonné, Pierre Richard, Anne Roumanoff ou les Denis Drolet qui, avec leurs autres compères comiques présents sur les planches du festival, ont réussi à sortir des rues près de 250 000 festivaliers — sondage CROP à l'appui — pour les faire rire quelques heures dans des salles de spectacle.

En surface, ce bilan en chiffres s'apparente à celui de l'an dernier, où le même nombre de personnes s'étaient présentées en salle et dans les rues... laissant au passage apparaître des failles dans la structure 2004 du FJPR. En effet, la multiplication des présentations de pièces de théâtre à saveur comique — quatre au lieu de deux —, l'augmentation du budget de fonctionnement de trois millions de dollars — il est pour cette année de 34 millions — mais aussi l'étendue de son influence sur la scène culturelle estivale, avec des spectacles en salle qui ont débuté avant même l'ouverture du festival, n'auront donc eu aucun effet significatif sur l'achalandage.

Loin de s'arrêter à ces considérations bassement mathématiques, les hommes et les femmes derrière l'événement ont préféré hier, lors de leur conférence de presse, se concentrer plutôt sur le positif: «Les rencontres exceptionnelles d'humoristes qu'il y a eu pendant les galas», a souligné Luce Rozon, le «succès des trois [principales] pièces présentées», a ajouté sa soeur Lucie, et surtout «le rayonnement du FJPR à travers le monde», selon Gilbert Rozon.

C'est que l'événement populaire, avec ses nombreux enregistrements en direct de spectacles — Dieudonné n'y a pas échappé, d'ailleurs — ou ses émissions spéciales tournées pour l'occasion, permet en effet à l'empire de la blague en tout genre de générer plusieurs dizaines de millions de dollars chaque année. Et ce, dans plus de 100 pays et sur les ailes de 70 compagnies aériennes, où les capsules de caméra cachée produites par Rozon, entre autres, sont désormais diffusées.

«Nous avons entrepris une conquête du monde, a lancé Gilbert Rozon, pour transmettre durant le reste de l'année ce qui se passe l'été au festival. Et l'impact mondial est impressionnant.»

La recette est gagnante. Et elle devrait à nouveau trouver matière à développement, l'an prochain, avec la 23e édition du FJPR, qui se tiendra dans les rues de la métropole du 14 au 24 juillet, ont précisé en guise de conclusion les organisateurs.