À année exceptionnelle, remise de prix exceptionnelle

Nathalie Maillé,  directrice générale du Conseil des arts de  Montréal, voulait remercier les  artistes à travers ce projet.
ValÉrian Mazataud Le Devoir Nathalie Maillé, directrice générale du Conseil des arts de Montréal, voulait remercier les artistes à travers ce projet.

Pour célébrer le travail fait par les artistes au cours de cette année pandémique qui les a durement éprouvés, le Conseil des arts de Montréal (CAM) a concocté un événement particulier, qui remplace la traditionnelle remise des Grands Prix de Montréal.

L’événement s’intitulera Nos indispensables, sera animé par Pierre-Yves Lord et sera diffusé gratuitement en ligne le 22 juin. Il récompensera des artistes, des collectifs ou des organismes qui se sont démarqués autour de l’année dans des catégories entièrement nouvelles.

Parmi 24 finalistes, 5 lauréats seront choisis  pour souligner les actions et les gestes exceptionnels des artistes dans les catégories suivantes : l’équité, l’innovation, la proximité, la solidarité et enfin la bienveillance, prix qui sera décerné par un vote populaire.

Les 24 finalistes recevront une bourse de 3000 $ chacun, et les 5 lauréats une bourse de 10 000 $. Le Conseil des arts de Montréal indiquera au public comment voter en ligne pour décerner le prix de la bienveillance.

« On veut célébrer les artistes et leur dire “merci” pour tout ce que vous avez fait », dit Nathalie Maillé, directrice générale du CAM.

Il faut dire que les artistes ont œuvré dans des conditions particulièrement difficiles. Les horaires des rares spectacles en plein air ne pouvaient pas être annoncés à l’avance, par exemple, pour éviter les rassemblements.

Le Conseil devrait annoncer en mai qui sont les 24 finalistes. Ils ont été choisis par les 63 membres des comités d’évaluation du Conseil des arts de Montréal, qui participent généralement à la remise du Grand Prix de la Ville de Montréal, qui célèbre habituellement un événement phare de la ville.

« On célèbre ce qui a échappé au radar, les grandes choses qui n’ont pas été vues par tout le monde », poursuit Mme Maillé.

Mme Maillé reconnaît par ailleurs que la crise de la COVID-19 laissera sûrement des traces dans le milieu culturel pour « les deux ou trois prochaines années ». Mais « il faut maintenir l’activité artistique en place et vibrante », dit-elle.

Le 20 mars dernier, le Conseil des arts de Montréal cosignait, avec des conseils des arts de plusieurs autres grandes villes canadiennes, soit Toronto, Calgary, Winnipeg et Edmonton, une lettre ouverte dans laquelle il réclamait la mise en place d’un système de revenu minimum garanti pour les artistes.

« Depuis de nombreuses années, les artistes font face à une insécurité financière en raison de leur dépendance à des contrats à court terme précaires dépourvus d’accès à des avantages sociaux, à des congés de maladie payés ou à de l’assurance-emploi, ce que de nombreux travailleurs canadiens tiennent pour acquis », écrivaient-ils. Les représentants des conseils des arts plaidaient donc en faveur « d’un revenu de base efficace et équitable pour les artistes canadiens ».

C’est ce qu’il faut faire, croit Nathalie Maillé, « pour que les artistes puissent mettre du beurre sur leur pain dans les moments où ils ne peuvent pas poursuivre leur travail ».

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