L’Ontario met le holà aux concerts virtuels

Pour la deuxième fois cette année, le gouvernement de Doug Ford interdit la retransmission en direct de spectacles pourtant donnés dans des salles vides.
Photo: iStock Pour la deuxième fois cette année, le gouvernement de Doug Ford interdit la retransmission en direct de spectacles pourtant donnés dans des salles vides.

Les propriétaires de salles de spectacle en Ontario font face à un autre revers en période de pandémie : pour la deuxième fois cette année, le gouvernement de Doug Ford interdit la retransmission en direct de spectacles pourtant donnés dans des salles vides.

Le « freinage d’urgence » décrété jeudi dernier interdit pour au moins un mois tout « spectacle virtuel », dans une salle vide, tandis que d’autres secteurs ont le feu vert pour continuer à fonctionner. Des propriétaires de salles de spectacle dénoncent par exemple le fait que les Ontariens peuvent se promener dans les centres commerciaux et que les plateaux de tournage continuent de fonctionner.

« Le gouvernement choisit des gagnants et des perdants sans aucune logique », déplorait Jeff Cohen, propriétaire de la Horseshoe Tavern, au centre-ville de Toronto.

La salle était bondée avant la pandémie, puis elle s’est tournée vers les diffusions en direct au cours de la dernière année pour demeurer à flot.

Jeff Cohen avait récemment remis sur pied la série de diffusions en direct, mais juste avant que le gouvernement Ford ne resserre à nouveau les restrictions, alors que la troisième vague frappe durement les rivages de l’Ontario.

Les spectacles virtuels du Horseshoe prévus pour avril ont tous été reportés en mai, ce qui serait parfaitement acceptable pour M. Cohen s’il ne voyait pas le gouvernement accorder des exceptions à d’autres secteurs.

Lisa Zbitnew, copropriétaire du Phoenix Concert Theatre de Toronto, demande en quoi une équipe de production dans une salle de spectacle vide est différente d’un tournage dans un studio. « Nous ne suggérons pas de faire quelque chose que les autres ne peuvent pas faire, mais on dirait que nous sommes toujours au bout de la file. »

Ces récentes restrictions surviennent quelques mois seulement après que des mesures similaires eurent été adoptées en janvier, obligeant les organisateurs de spectacles en direct à retarder ou à annuler des événements.

« Naviguer dans les changements constants des restrictions, c’est devenu un travail à plein temps » pour les propriétaires de salles, a déploré Erin Benjamin, directrice de l’Association canadienne de musique sur scène.

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