L’art du film sur l’art

Image tirée du film «Le subtil oiseleur, Michel Foucault de Vélasquez à Picasso»
Photo: FIFA Image tirée du film «Le subtil oiseleur, Michel Foucault de Vélasquez à Picasso»

Le Louvre déménage, d’Agnès Molia et Mikaël Lefrançois

À la fin des années 1980, l’agrandissement du musée du Louvre par l’architecte Ieoh Ming Pei, s’est fait en gagnant de la place en sous-sol.

On y emménagea des zones d’accueil, des salles d’expositions… Malheureusement, ces lieux sont en zones inondables.

La Seine, à l’image de bien des Parisiens et Parisiennes, a ses humeurs, et, en particulier, la situation des réserves du Louvre représente un danger immense pour ce patrimoine qui compte 150 000 objets inestimables.

La situation inquiéta en particulier lors des grandes crues de juin 2016 qui menacèrent de créer un déversement des égouts dans le sous-sol du Louvre.

Il fallut donc prendre la difficile décision de déménager une immense partie de ces réserves.

Ce film permet de suivre l’aventure de cette relocalisation à Liévin, à 200 km au nord de Paris. Cette formidable entreprise réserva bien des surprises, permettant entre autres aux conservateurs de redécouvrir quelques merveilles oubliées dans la caverne d’Ali Baba que constitue le plus grand musée d’art du monde.

Un film intelligent.
 

Les vidéographes 1 et 2, sélection de vidéos d’art faite par Luc Bourdon

Cela fait 50 ans que le Vidéographe existe, que ses membres ont cru en « l’idéal communautaire » de l’art vidéo, en la vidéo comme outil de création artistique et de diffusion de l’art. L’année 2021 permettra à ce haut lieu de création et d’archivage de l’art vidéo de célébrer.

À l’automne sortira une publication numérique qui dressera le portrait de l’art vidéo au Québec depuis un demi-siècle. Au même moment sera aussi remis le nouveau prix Robert-Forget « à un.e artiste, commissaire, chercheur ou chercheuse québécois.e ayant contribué de manière exceptionnelle au développement de l’image en mouvement au Québec ».

Pour l’instant, la section FIFA expérimental nous offre deux séances de vidéos d’art, l’une intitulée Le théâtre de mes images et l’autre nommée Performance pour un écran. Vous y verrez des œuvres marquantes de Manon Labrecque, Monique Moumblow, Nathalie Bujold et Rachel Echenberg, entre autres.
 

Sauver Notre-Dame, de Quentin Domart et Charlène Gravel

Le 15 avril 2019, la nouvelle a atterré. La cathédrale Notre-Dame de Paris, chef-d’œuvre gothique, était en feu. L’événement suscita tout de suite une série de débats…

Devait-on reconstruire à l’identique, en ajoutant une touche contemporaine ou laisser le bâtiment en ruines ? Devait-on y investir des centaines de millions d’euros qui pourraient aider mille autres causes humaines plus « justes » ? Comme si le patrimoine s’opposait à l’économie ou aux valeurs humanistes. Tout ce débat laissa un goût amer et l’impression qu’avaient été bien intériorisées les valeurs néolibérales qui désignent le milieu de l’art comme profitant de l’économie.

Le projet est titanesque et fédérateur autant du point de vue technique, que scientifique, intellectuel et même social. C’est ce que ce film — au ton parfois un peu trop grandiloquent — permet de suivre comme un suspense.
 

Le subtil oiseleur Michel Foucault de Vélasquez à Picasso, d’Alain Jaubert

Le texte est d’une immense beauté et d’une grande intelligence. Et pour cause ! Il fut écrit par le philosophe Michel Foucault. Comment un tel texte a-t-il enfin trouvé son public tant d’années après sa création ?

À la suite de la publication de son livre Les mots et les choses, en 1966 — dont le chapitre premier est consacré aux Ménines de Vélasquez — la galerie Maeght avait proposé à Foucault d’écrire le scénario d’un film.

Celui-ci devait être dédié à la série de 58 interprétations et variations créées par Picasso en 1957 sur ce même tableau de Vélasquez. Le film ne fut jamais réalisé, mais le tapuscrit fut publié par les Cahiers de l’Herne en 2011. Alain Joubert le met ici en scène avec brio.

Ce texte d’une éblouissante clarté est lu — personnifié, devrions-nous dire — par l’actrice Fanny Ardant avec une justesse de ton absolu. Un film qui sait allier avec finesse le texte à l’image.

À voir en vidéo