Le «saint Patrick» de Pellan sera-t-il rescapé ou détruit?

La murale conçue par Alfred Pellan en 1958 et installée sur la façade du 142 rue Dufferin, à Granby, représente un saint Patrick stylisé, réalisé sous forme de mosaïque.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir La murale conçue par Alfred Pellan en 1958 et installée sur la façade du 142 rue Dufferin, à Granby, représente un saint Patrick stylisé, réalisé sous forme de mosaïque.

La représentation de saint Patrick en mosaïque qui orne la façade d’une ancienne école de Granby sera-t-elle finalement sauvée de la destruction ? L’œuvre publique signée Alfred Pellan pourrait bien avoir trouvé preneur, selon la maison qui a échoué samedi à la vendre lors d’une vente aux enchères.

« Il y a eu beaucoup de mouvement depuis, à la suite de l’article du Devoir », explique Martine de Saint-Hippolyte, responsable de la maison Iegor. Elle affirme avoir reçu deux offres de collectionneurs sérieux et plusieurs manifestations d’intérêt au cours des dernières heures.

« Ce sera à la municipalité de décider si elle accepte une offre ou pas. Le conseil de Granby doit se réunir le 22 mars », ajoute-t-elle, ayant bon espoir que l’œuvre pourra être sauvée.

Les offres sont supérieures au prix plancher de 5000 $ fixé au départ. La maison Iegor dit avoir en main deux offres sérieuses, l’une de 10 000 $ et une autre de 15 000 $.

« L’une nous vient d’un homme qui veut en faire don à une institution publique. Et j’en ai une autre, d’un collectionneur, qui veut investir son argent pour acquérir l’œuvre et qui veut ensuite organiser une collecte de fonds pour payer son retrait du mur où elle se trouve. »

Ce sera à la municipalité de décider si elle accepte une offre ou pas. Le conseil de Granby doit se réunir le 22 mars.

 

Des frais d’environ 50 000 $ pour retirer l’œuvre du mur extérieur où elle est fixée depuis 1958 devront être engagés par l’acheteur éventuel.

À l’époque où il était chargé de la décoration en façade de l’école Saint-Patrick, à la fin des années 1950, Alfred Pellan s’inspirait de l’art naïf. Le bâtiment abrite aujourd’hui des bureaux de la MRC de la Haute-Yamaska.

Décision attendue

« Je pensais que tout serait réglé pour la [fête de la] Saint-Patrick », le 17 mars, fait valoir Martine de Saint-Hippolyte. « Il faudra attendre la décision de la Ville de Granby la semaine prochaine. »

En réaction à l’échec de la vente samedi dernier, le maire de Granby, Pascal Bonin, a réitéré son intention d’abandonner l’œuvre à la démolition, en même temps que l’immeuble qui la supportait.

Selon lui, les citoyens ont fait jusqu’ici le même constat que sa municipalité : il est trop dispendieux de conserver cette œuvre.

Les offres que la maison Iegor affirme avoir reçues pourraient encourager Granby à changer son fusil d’épaule au cours des prochains jours, croit Mme de Saint-Hippolyte.

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