Les flâneuses

Illustration: Le Devoir
Odile Tremblay
Aller au ciné

Avec ou sans pop-corn, retourner au cinéma est un billet pour le bonheur. La brûlante Déesse des mouches à feu d’Anaïs Barbeau-Lavalette constitue une plongée âpre et maîtrisée dans l’univers de l’adolescence. À voir aussi :le remarquable Chers camarades !d’Andreï Kontchalovsky, choix de la Russie aux Oscars, une incursion en noir et blanc dans l’univers soviétique, sur grande interprétation de Ioulia Vyssotskaïa en mère déchirée. Sans compter Errance sans retour, documentaire sublime sur les Rohingyas d’Olivier Higgins et de Mélanie Carrier, ainsi que la troublante fiction La nuit venue du Français Frédéric Farrucci.


Valérie Duhaime
Le bon genre de marmotte

Les nominations pour les Golden Globes sont maintenant connues. C’est donc le temps de regarder les films qui sont passés sous le radar, faute de marquises où s’afficher. Ici, c’est l’hiver, mais à Palm Springs, l’été semble infini. Surtout si on est coincé dans une boucle de temps et que le même jour se rejoue sans cesse. Cette comédie noire est un magnifique terrain de jeu pour Andy Samberg (Saturday Night Live) et Cristin Milioti (How I met your mother), en antihéros sans histoire et sans avenir. Connaissances en physique quantique non requises. Sur Amazon Prime.


Caroline Montpetit
La turlute de la Bolduc

La Bolduc serait bien étonnée d’entendre ses airs diffusés sur YouTube, à l’ère de l’Internet et du coronavirus. Sa chanson Ça va venir, découragez-vous pas, écrite au moment de la Grande Dépression de 1929, n’a pas pris une ride. « Moi, j’ai toujours le cœur gai et j’continue à turluter », chante-t-elle, malgré la faim, la misère et les souliers percés. L’effet enjoué de sa turlute sur le moral est assuré. On dira ensuite que la musique n’est pas un service essentiel… Pour les téméraires, Yves Lambert et Mario Calliari en ont chanté ensemble une version ska/punk, en français et en italien !


Amélie Gaudreau
Des « malaises » qui font mouche

On pouvait douter au départ de la pertinence du retour des Beaux malaises de Martin Matte à TVA. À mi-chemin de sa diffusion, cette nouvelle fournée fait mouche avec ses clins d’œil « méta »,sa façon particulière d’aborder des thèmes graves (séparation, intimidation, violence conjugale) avec une finesse, jouant sur la mince ligne de l’émotion, du sérieux et d’une certaine légèreté, sans pour autant évacuer les situations gênantes à l’humour potache qui appelle le rire bien gras. La réalisation impeccable de Robin Aubert et les choix musicaux du générique toujours aussi judicieux complètent à merveille cette expérience 2.0.