Des artistes réclament la réouverture des salles de spectacle en zone rouge

Des artistes se sont réunis jeudi au métro Papineau pour revendiquer la possibilité de rouvrir les lieux de diffusion des arts vivants.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Des artistes se sont réunis jeudi au métro Papineau pour revendiquer la possibilité de rouvrir les lieux de diffusion des arts vivants.

Alors que le premier ministre Legault laissait entendre jeudi matin que le « risque » de contagion était « comparable » dans une salle de théâtre et dans un cinéma, le milieu du théâtre et des arts vivants piaffe d’impatience pour obtenir la permission d’ouvrir en zone rouge.

Depuis le début de la semaine, tant le Conseil québécois du théâtre que le Regroupement québécois de la danse réclament une rencontre d’urgence avec la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, pour examiner les possibilités d’ouverture. Jeudi, en fin de journée, elle a proposé d’en discuter avec les organismes vendredi.

Pour Fabienne Cabano, du Regroupement québécois de la danse, la décision d’ouvrir uniquement les cinémas est perçue comme une « injustice », même si elle reconnaît que « peu de diffuseurs seraient capables de rouvrir et de tout organiser en si peu de temps », c’est-à-dire avant la relâche.

Des artistes se sont de nouveau réunis jeudi, au métro Papineau, à Montréal, pour revendiquer la possibilité de rouvrir les lieux de diffusion au même titre que les salles de cinéma.

Pour Hugio Fréjabise, auteur et metteur en scène qui organise depuis le début de février ces manifestations sous le thème Ça n’est pas un spectacle, l’ouverture des seuls cinémas pendant la relâche est injuste.

« Cela explique bien des choses, dit-il. Cela révèle une certaine hiérarchisation des arts. »

Selon lui, s’il est vrai que certains gros théâtres ont nécessairement besoin de deux ou trois semaines de préparation avant d’ouvrir leurs portes, certaines adresses pourraient le faire plus rapidement. De la même façon, des théâtres seraient capables d’offrir une certaine programmation tout en respectant le couvre-feu.

C’est le cas, notamment, des spectacles pour enfants.

« Les gros spectacles demandent des semaines de préparation, mais il faut voir le lieu théâtral plus grand que juste un spectacle le soir, et un par soir. C’est aussi un lieu de réunion, de socialisation. Peut-être que les grands plateaux ont besoin de deux ou trois semaines de préparation, mais je vous assure qu’on peut trouver des formes dramatiques qui peuvent fonctionner autrement», dit-il.

Pour Anne Trudel, présidente du Conseil québécois du théâtre : « C’est sûr qu’il y a une certaine logistique à mettre en place. On le sent bien quand on consulte. C’est pas tout le monde qui serait prêt à ouvrir avec le couvre-feu, mais on peut mettre en place de nouvelles initiatives. Nous, on demande de pouvoir être ouvert en zone rouge », quitte à ce que les théâtres qui ne peuvent pas le faire continuent de recevoir une aide financière.

Or, cette éventualité était encore hors de question avant lundi passé, lorsque le premier ministre, François Legault, a annoncé la réouverture des cinémas pour la relâche. Jusque-là, les discussions du Conseil québécois du théâtre avec la ministre Roy demeuraient strictement budgétaires, rappelle Anne Trudel.

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