Les propriétaires de cinémas veulent continuer à vendre de la nourriture

Les ventes alimentaires représentent entre 50% et 80% des revenus d’un cinéma.
Photo: iStock Les ventes alimentaires représentent entre 50% et 80% des revenus d’un cinéma.

Les propriétaires de cinémas gardent espoir de faire changer d’avis le gouvernement qui leur a interdit toute vente de nourriture lors de la réouverture des salles le 26 février prochain. Une situation qui serait « insoutenable » financièrement, selon eux.

« Depuis l’annonce [de mardi], nous avons eu l’occasion d’échanger avec le gouvernement et de mieux lui expliquer notre situation et les [conséquences] des mesures. Les discussions se poursuivront dans les prochains jours et nous sommes confiants que nous arriverons à un terrain d’entente », a indiqué par voie de communiqué l’Association des propriétaires de cinémas du Québec en fin d’après-midi mercredi.

La veille, le gouvernement Legault a annoncé que tous les cinémas de la province — même ceux situés en zone rouge — pourraient rouvrir leurs portes fin février, juste à temps pour la semaine de relâche. Le port du masque chirurgical y sera obligatoire, et le nombre de spectateurs sera limité à 250 personnes par salle en respectant une distance de deux mètres entre chacune.

La nouvelle a tout d’abord créé un gros soulagement dans le milieu pour qui la relâche scolaire constitue l’une des périodes les plus payantes du calendrier annuel. Mais rapidement, plusieurs propriétaires ont fait part de leur mécontentement par rapport à une nouvelle restriction imposée par le gouvernement : l’interdiction de servir de la nourriture dans leurs établissements.

Les ventes alimentaires représentent toutefois entre 50 % et 80 % des revenus d’un cinéma, selon l’association. Cette nouvelle interdiction qui s’ajoute donc au nombre limité de spectateurs permis et à l’impossibilité de prévoir des représentations en soirée en raison du couvre-feu toujours en vigueur, leur fait craindre le pire.

« [Ces mesures] font en sorte qu’une ouverture des cinémas se ferait à perte pour les propriétaires, une situation insoutenable après les sacrifices financiers de la dernière année », poursuit l’association dans son communiqué, expliquant continuer ses démarches auprès du gouvernement pour qu’il reconsidère cette interdiction des ventes alimentaires ou qu’il s’engage à compenser la perte de revenus qu’elle génère.

Décision mal accueillie

La décision est d’autant moins bien accueillie dans le milieu que la vente d’aliments était permise au moment de la réouverture des cinémas l’été dernier. « Le personnel des cinémas et le public ont bien démontré qu’il était possible de vivre l’expérience du cinéma dans le respect des consignes et sans générer d’éclosion de la COVID-19. Le Dr Horacio Arruda l’a d’ailleurs reconnu à plusieurs reprises », fait remarquer l’association.

Au cabinet du ministre de la Santé, Christian Dubé, on reste ferme sur cette décision en précisant que c’est justement la Santé publique qui a « déterminé que le port du masque en salles de cinéma devrait être obligatoire en tout temps », empêchant donc la consommation de nourriture.

« Nous nous réjouissons que la situation permette la réouverture des cinémas. Comme pour toutes les mesures sanitaires, ce sera à la Santé publique de nous indiquer si des allègements sont possibles au cours des prochaines semaines, mais nous ne sommes pas rendus là », a précisé par courriel Marjaurie Côté Boileau, l’attachée de presse du ministre de la Santé.

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