Festival Juste pour rire - Chansons pour morceaux de chiffon

Les marionnettes de Joe 90, des Sentinelles de l'air ou encore de Capitaine Scarlet — célèbres séries britanniques des années 60 et 70 — risquent de ne pas trop apprécier la concurrence. Mais la vie est ainsi faite. Les personnages de leur acabit articulés par des fils dans des aventures redondantes et insipides sont maintenant chose du passé.

Bye bye fantoches, l'heure est désormais aux pupazzi (marionnettes à gaine) et aux marionnettes à manipulation directe qui, chaque soir, deviennent un peu humaines et franchement amusantes pendant une heure dans ce Cabaret Décadanse (sic) présenté dans le cadre du Festival Juste pour rire. Et les noctambules qui s'y exposent — le spectacle est présenté à 23h — semblent en redemander...

Facile à comprendre. Sous les mains expertes des marionnettistes Serge Deslauriers et Enock Turcotte, Kiko, Mauve, Lorraine et Conrad ont tout pour séduire avec leur déhanchement d'un réalisme dérangeant, leur gestuelle exagérée, calquée parfois sur celle des personnages de dessins animés, et surtout leur interprétation des grands classiques des cabarets.

De Summertime aux succès de Shirley Bassey, le programme musical sur lequel ces morceaux de chiffon font de la synchronisation labiale (lip-sync) est étourdissant. Tout comme d'ailleurs l'incroyable coordination des deux — et parfois trois — manipulateurs qui donnent vie à ces amant latino, starlette de pacotille, diva africaine et travesti français.

L'ensemble se veut un brin sexy et décadent. Mais il l'est en fait autant qu'une émission d'Anne-Marie Losique, avec en prime, et c'est déjà un plus fort appréciable, le plaisir de se plonger pendant une heure dans un bain sonore plaisant et dans un univers factice et surréaliste qui titille l'enfant en nous.

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Cabaret Décadanse

Studio du Musée Juste pour rire, jeudi 22 juillet à 23h.