Allégations d’inconduite sexuelle: l’humoriste Julien Lacroix sort de son silence

L’humoriste Julien Lacroix
Photo: Marie-France Coallier Archives Le Devoir L’humoriste Julien Lacroix

Près de six mois après la publication d’une enquête du Devoir dans laquelle neuf femmes racontaient avoir été victimes d’agressions ou d’inconduites sexuelles de la part de Julien Lacroix, l’humoriste mettait en ligne mardi un long message de contrition sur Facebook et Instagram. « Cette prise de parole, je ne la fais pas dans le but d’annoncer un retour. Je la fais pour présenter mes excuses aux personnes que j’ai profondément blessées. Je la fais aussi par respect pour les gens qui me suivent depuis des années, mais surtout pour mes proches, mon amoureuse et mes petits frères. »

L’homme de 28 ans dit aujourd’hui appuyer « le mouvement de dénonciations, malgré les impacts majeurs que ça a eus dans ma vie. Je suis conscient que c’est ainsi que se font les révolutions et que s’opèrent des changements nécessaires. Il est anormal qu’en 2021, autant d’hommes continuent d’avoir des comportements toxiques. Je ne veux plus jamais faire partie de cette catégorie. »

Au matin de la parution de l’article du Devoir, le 27 juillet dernier, l’artiste avait écrit sur Facebook : « Je ne suis pas un ange, mais pas un démon non plus, et certainement pas le prédateur sexuel qui sévit depuis une décennie comme Le Devoir m’a décrit. » Il annonçait au lendemain de cette réaction à chaud, dans un autre message publié sur les réseaux sociaux, une pause professionnelle : « L’heure est venue d’aller chercher des réponses à des questionnements que je traîne avec moi depuis de trop longues années. »

Il est anormal qu’en 2021, autant d’hommes continuent d’avoir des comportements toxiques. Je ne veux plus jamais faire partie de cette catégorie.

 

L’humoriste a expliqué mardi dans sa déclaration écrite de plus de 500 mots avoir longtemps ignoré ses problèmes de consommation. « [J]’ai étourdi mon mal-être avec l’alcool, la drogue et plus tard le travail. J’ai oublié de faire attention à l’humain et aux gens autour de moi. Je ne veux en aucun cas me cacher derrière cette maladie. Je suis un alcoolique et je me rétablis, un jour à la fois. L’intoxication volontaire n’excuse aucun geste, je crois néanmoins qu’il serait trop facile de balayer cet aspect du revers de la main et d’ignorer le sujet. »

Joint par courriel, un porte-parole de l’artiste a indiqué au Devoir que Julien Lacroix s’abstiendrait d’offrir de plus amples détails et refusait toute demande d’entrevue. « Pour le moment, Julien va continuer son cheminement. » Le Groupe Phaneuf, l’agence qui représentait Lacroix jusqu’en juillet, n’a pas non plus souhaité commenter la situation.

« Prise de conscience »

Cette sortie survient un peu plus d’un mois après que Québecor Contenu et Pixcom eurent annoncé début décembre que Marie-Pier Morin, qui avait également mis sa carrière en veilleuse en juillet 2020 après avoir été dénoncée par la chanteuse Safia Nolin pour un incident à caractère raciste et sexuel, reprendrait son rôle dans la deuxième saison de la télésérie La faille. L’animatrice et comédienne réactivait son compte Instagram en octobre dernier, au terme de trois mois loin des projecteurs et des réseaux sociaux, en y relatant dans un message au ton analogue à celui de Julien Lacroix, bien que plus succinctement, s’être livrée à une « prise de conscience » et avoir obtenu l’aide de « professionnels » afin d’embrasser un « mode de vie plus sain ».

Mardi, la messagerie privée du profil Facebook de Julien Lacroix renvoyait ses correspondants à un répertoire des ressources certifiées en dépendances du ministère de la Santé et des Services sociaux. « Bonjour. Si toi aussi tu as besoin d’aide, n’hésite surtout pas à t’entourer de professionnels et à en parler, ça m’a sauvé la vie. »

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