Publication d'une lettre inédite de la maîtresse de Neruda

Santiago — Une lettre inédite d'Alicia Urrutia, la très jeune et dernière maîtresse du poète chilien Pablo Neruda, a été découverte par un historien et publiée hier par le quotidien La Tercera de Santiago.

Cette trouvaille coïncide avec les cérémonies du 100e anniversaire de la naissance de Neruda, le 12 juillet 1904. La lettre est incluse dans le livre Pablo Neruda, voyageur épistolaire, écrit par l'historien Abraham Quezada, «qui ne lui accorde pas beaucoup d'importance», a estimé La Tercera.

«Mon coeur devient tiède de t'aimer autant et de penser à toi», dit le message, dont la diffusion confirme la romance clandestine révélée il y a dix ans par l'écrivain Enrique Lafourcade dans son livre Neruda au pays des merveilles, évocation ironique du conte pour enfants.

Alicia Urrutia, nièce de Matilde Urrutia, la dernière épouse de Neruda, vit à Arica, à 1650 km au nord de Santiago mais elle n'a jamais démenti ni confirmé sa relation avec le poète.

«Pablo mon amour: je voulais que cette lettre te parvienne le 12 juillet, jour de ton anniversaire», écrivait la jeune Alicia, le 5 juillet 1971, trois mois avant que Neruda soit récompensé du prix Nobel de littérature.

Formes exubérantes

Alicia avait été peu avant expulsée de la maison de Neruda à Isla Negra par Matilde, qui suspectait sa liaison avec le poète, selon M. Lafourcade et l'écrivain Jorge Edwards, qui l'a décrite comme une jeune de vingt ans, à l'époque, «à la peau claire et aux formes exubérantes».

«Amour, mon amour aimé, je t'embrasse et je caresse tout ton corps aimé. Amour, amour aimé, mon amour. Ton Alicia qui t'aime», indique la jeune fille dans les dernières lignes de la lettre.

Neruda, qui mourut à 69 ans, le 23 septembre 1973, eut deux autres épouses, la Néerlandaise Maria Antonieta Maagenar et la peintre argentine Delia del Carril, et des dizaines de maîtresses qui lui inspirèrent les poésies d'amour les plus lues au monde.

«Un poète doit être toujours amoureux jusqu'à la dernière minute de sa vie», confia-t-il en 1970 à la journaliste uruguayenne Maria Esther Gillio.