Les flâneuses

Illustration: Le Devoir

Odile Tremblay

La saga d’une ferme française

Le prix Femina a couronné cette année un excellent roman autobiographique, campé dans une campagne française en perdition : Nature humaine de Serge Joncour (Flammarion). Des années 1970 à nos jours, avec une grande puissance évocatrice, l’auteur tisse des parallèles entre les destructions de l’environnement, les crises sociales et la vie d’une famille de paysans qui voit son monde se transformer trop vite pour pouvoir le sauver. Et la nature se venge de trop d’abus…


Caroline Montpetit

Sur un air de blues

Le bluesman américain Robert Johnson a écrit 29 chansons avant de mourir, empoisonné par un mari jaloux, à l’âge de 27 ans. Ces chansons, demeurées relativement méconnues de son vivant, ont ensuite inspiré les plus grandes stars du rock, d’Eric Clapton à Jimi Hendrix, en passant par Bob Dylan. Dans un roman habilement mené, Jonathan Gaudet, qui est aussi musicien, part sur les traces de cette idole dans La ballade de Robert Johnson (Leméac). On y lève un voile sur la condition des Noirs américains, au tournant du XXe siècle, mais aussi sur le monde de la production musicale de cette époque.


Catherine Lalonde

L’adieu comique aux Baronness

Snif ! Le Baronness Von Sketch Show a tiré sa révérence après cinq saisons, avec une excellente dernière émission. Le quatuor comique tout féminin — c’est déjà une rareté — avait le féminisme revendicateur et hilarant. Symptômes de ménopause, positions sexuelles, sororité, maternité, rencontres Internet, non-binarité sexuelle, aucun angle ne semblait tabou. Ces intelligentes maestrias (Carolyn Taylor, Meredith MacNeill, Aurora Browne et Jennifer Whalen) du revirement de situation et du chavirage dans l’absurde sont mal connues ici. Tout est à Gem.cbc.ca. Et un épisode extra depuis le 5 janvier, avec des sketchs jamais vus.


Louise-Maude Rioux Soucy

Ma meute est meilleure que la tienne

DreamWorks ne réinvente pas la roue avec Les Croods 2. Une nouvelle ère, prévisible du début à la fin, mais il la fait tourner saprément vite. Plus dense et plus drôle, cette aventure de l’attachante famille préhistorique exulte une énergie contagieuse tout en offrant une orgie de couleurs et de textures qui déferlent jusqu’au tournis. La voici aux portes d’une oasis luxuriante imaginée par la famille des Meilleurmeute. Le clash entre cette bulle émancipée tirée à quatre épingles et la meute brouillonne et colérique des Croods n’en offre pas moins plusieurs francs éclats de rire. En VSD.