Festival Juste pour rire - Rideau d'eau pour danseurs en voltige

Les quatorze artistes de la troupe italienne de danse acrobatique Materiali Resistenti Dance Factory voltigent pendant près d’une heure autour d’une cascade de dix mètres de largeur et de quatre mètres de hauteur.
Photo: Pascal Ratthé Les quatorze artistes de la troupe italienne de danse acrobatique Materiali Resistenti Dance Factory voltigent pendant près d’une heure autour d’une cascade de dix mètres de largeur et de quatre mètres de hauteur.

Le spectacle de danse acrobatique Waterwall, présenté pour la première fois à Montréal jeudi soir, pour le coup d'envoi de la 22e édition du Festival Juste pour rire, ne soulève pas l'enthousiasme de tous les festivaliers. Quelques minutes après le début du spectacle, déjà quelques spectateurs désertent la Grand-Place, laissant derrière eux dans l'herbe un petit coussin bleu, distribué à l'entrée.

Si les acrobaties des danseurs ne sont pas toujours spectaculaires, la chorégraphie est pourtant originale et les jeux de lumière sur l'eau offrent un résultat visuel assez étonnant. Les quatorze artistes de la troupe italienne de danse acrobatique Materiali Resistenti Dance Factory voltigent pendant près d'une heure autour d'une cascade de dix mètres de largeur et de quatre mètres de hauteur, alimentée par quelque 16 000 litres d'eau.

Inspiré par l'interaction des technologies modernes et des dynamiques du corps humain, Yvan Manzoni, chorégraphe et fondateur de la compagnie, travaille sur l'eau pour la première fois dans ce spectacle né il y a déjà cinq ans. Il s'amuse à mettre successivement en scène la quiétude puis la violence de l'eau.

On aperçoit d'abord les ombres des danseurs à travers le rideau d'eau, se déplaçant avec des mouvements lents et amples. Puis les danseurs s'avancent jusqu'à se trouver juste au-dessous du torrent d'eau. La lumière pâle qui éclaire l'eau ruisselant sur leurs corps crée un contour blanchâtre autour de la silhouette des danseurs, leur donnant ainsi une allure fantomatique. La brume ainsi qu'une musique étrange et douce intensifient cette atmosphère calme et troublante.

Soudain, la musique devient plus entraînante, les lumières plus colorées, les gestes des danseurs plus saccadés. Suspendus à des élastiques, les danseurs fracassent les trombes d'eau avant de devenir poissons, frétillant sur la scène ruisselante au pied de la cascade. Des trappes s'ouvrent tout à coup et le sol de la scène devient la surface d'un océan. Des danseurs surgissent de sous l'eau (comprendre ici des trappes), deux autres apparaissent au fond de la scène sur une planche de surf. Se balançant d'avant en arrière au rythme des vagues, ils semblent alors comme en pleine mer.

Puis, le calme revient, la musique se fait plus douce, la lumière se tamise et il ne reste bientôt plus sur la scène que deux danseurs dans un canot. L'un d'eux pagaie doucement et, comme aimantées aux rames, des têtes sortent et s'enfoncent dans l'eau.

Enfin, c'est tout de blanc vêtus et accompagnés par le chant envoûtant des baleines que viennent saluer les artistes, applaudis par les quelques festivaliers tenus en haleine jusqu'à la fin du spectacle. Les enfants encore debout s'approchent de la scène, observant avec beaucoup d'intérêt la piste encore ruisselante. Mais la foule se disperse vite, chacun allant de son commentaire. «Spécial», affirment certains, l'air dubitatif. «Ils n'auraient pas dû choisir ce spectacle, c'est trop moderne», explique un autre festivalier.

Même si l'eau ne manque pas en ce maussade mois de juillet, vous auriez tort de ne pas aller jeter un coup d'oeil au spectacle, d'autant plus qu'il est présenté tous les soirs à 21h50 sur la Grand-Place jusqu'au 24 juillet. Et si vous craignez l'eau, les premiers rangs sont fortement déconseillés.