Festival d'été de Québec - Latcho Drom en techno

Plus que quelques averses et nous en aurons fini avec ce 37e Festival d'été qui nous inonde de musique depuis dix jours. Juste avant de reprendre une vie normale, on voudra peut-être aller à la rencontre d'Electric Gypsyland, de Gaz Bar Blues ou de Martha Wainwright. Carnets d'une marathonienne du «on» et du off, dernier week-end, sur le thème des bons plans.

Le nom le dit, Electric Gypsyland fait dans le «Latcho Drom» électronique. Présenté ce soir à la place d'Youville, ce spectacle est le prolongement de la compilation du même nom qui est sortie en 2003. «L'idée [de la compilation] est venue de Crammed Discs en Belgique, qui est la maison mère de Taraf de Haïdouks, de Koçani Orkestar et de Mahala Rai Banda [...], explique le producteur, Michel Winter. Le patron, Marc Hollander, a envoyé tous leurs albums et pré-mix à toutes sortes de producteurs de musique électronique dans le monde en leur disant: choisissez le morceau qui vous plaît pour le remixer.» Une quinzaine de DJ des quatre coins de la planète — Senor Coconut (Chili), DJ Shantel (Allemagne), Mercan Dede (Turquie), etc. — se sont prêtés au jeu avec un succès variable à mon humble avis. Or le spectacle s'annonce très différent de la compilation. Seul DJ Shantel y participe, en compagnie de trois musiciens de Taraf de Haïdouks — l'accordéoniste Ionel Manole «Ionitsa», le clarinettiste Filip Simeonov et le violoniste Constantin Lautaru «Costica». Ce concert qui tourne depuis mai avait été créé un peu par hasard à l'occasion des partys entourant le 20e de Crammed. Il sera présenté à la place d'Youville à 19h, juste après Taraf de Haidouks.

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À voir aussi au festival: autre bon plan, pour demain soir cette fois, le spectacle Gaz Bar Blues en écho au film de Louis Bélanger, qui se déroule dans le quartier Limoilou. Conçu par le guitariste Claude Fradette et l'harmoniciste Guy Bélanger (le frère de l'autre), le concert sera présenté au Cabaret du Capitole devant des images du film sélectionnées par Guy Bélanger. Jean Cyr (basse, contrebasse), Bernard Deslauriers (batterie) et Julie Trudeau (violoncelle) complètent le groupe, avec en prime le chanteur Bob Walsh pour la chanson Summertime. Gaz Bar Blues est sans contredit l'une des meilleures bandes sonores produites au Québec ces dix dernières années. Au-delà du blues, on y découvre des lieux, une atmosphère, des images dans la musique. «Pour faire de la musique de film, il faut la garder tout près des gens. Il faut que ça se chuchote. Les hommes ne hurlent pas dans ce film-là, ils se gueulent pas après, ils sont tendres. Je voulais que la musique soit comme ça», nous expliquait, il y a quelques jours, un Guy Bélanger plein d'enthousiasme. C'est bien beau tout ça, mais ç'aurait quand même été magique de présenter ça dehors, en plein coeur du quartier Limoilou... Quoique, avec la pluie qui s'abat 23 heures sur 24 à Québec... À noter que, contrairement à ce qu'indique le dépliant du festival, ce spectacle débute à 21h et aura une première partie (Harry Manx).

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Pendant ce temps au off: il faut absolument qu'il fasse beau ce soir pour ce concert organisé par le off sur le parvis de l'église Saint-Jean-Baptiste. Le spectacle, qui débute à 19h, regroupe Martha Wainwright, qui avait fait un passage remarqué à Québec ce printemps, la chanteuse de Québec Isabelle Léveillée et les 17 musiciens du Glitter Soul Orchestra, qui font du «free-disco-funk-social» (?!?). Comprenne qui pourra. À deux pas de là, au Sacrilège, on nous invite à 15h à une petite prestation de Fredric Gary Comeau et Tristan Malavoy. Puis, pour finir la soirée, ça continue en techno à Rouje à compter de 21h avec du Kinö, B_Log, Les Hommes Rouges et Éloi Brunelle. Le chanteur français Tibert et le groupe tzigane Bazirka seront quant à eux au Pub St-Alexandre à partir de 23h.

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Vu, lu, su: quelques motivés sont restés assez tard à Rouje jeudi soir pour assister au spectacle de Patrick Watson. Inspiré, inventif, surprenant, ce jeune compositeur à l'air malcommode promet beaucoup. Beaucoup plus rock en concert que sur l'album, son groupe n'était pas sans rappeler Radiohead. Belle conclusion aussi avec ce rappel sur les Gymnopédies. C'est quand même étrange de danser sur du Éric Satie... Et maintenant, les potins. Sachez donc que les gars du groupe hip-hop Sniper, qui jouaient le 14 au Pigeonnier, ont été à l'origine d'un fait divers comme on les aime. Le soir de leur show, deux membres du groupe auraient frappé des clients et des portiers du célèbre bar Le Dagobert avec des bouteilles et des cendriers. Ils ont été arrêtés, relâchés puis sont repartis en France. D'après la presse locale, le procureur ne détenait pas suffisamment de preuves pour les inculper. Du joli. À suivre mardi: la conclusion de cette chronique et le bilan du festival.