«Spiritfarer»: la mort en douce

Thunder Lotus

Avec Spiritfarer, nouveau jeu de gestion du studio québécois Thunder Lotus, on apprend à faire la paix avec le dernier grand voyage. Jeu indépendant tranquille pour les soirées d’hiver, Spiritfarer se démarque par un travail d’animation digne des grandes œuvres de Disney.

À bord du Spiritfarer, on prend la place de Stella, jeune femme accompagnée de son chat, Daffodil, chargée de poursuivre le travail de Charon. Le nocher des Enfers de la mythologie grecque étant arrivé à la fin de son voyage, c’est à notre tour d’accompagner les morts vers leur repos éternel.

Il aurait été facile de concevoir un jeu glauque à partir d’une telle prémisse. Or, le studio montréalais Thunder Lotus — à qui l’on doit les jeux Sundered et Jotun — nous embarque plutôt dans une épopée toute de bonté et de douceur dans laquelle on apprendra finalement à dire « au revoir ».

Au lieu de la barque mythique de Charon, Stella hérite d’un grand navire pour accueillir les âmes en peine qu’elle doit mener vers l’au-delà. Sur cette embarcation, on doit ériger nombre de bâtiments afin de subvenir à leurs besoins. Chaque âme a besoin de nourriture, de câlins, d’écoute, de son petit appartement où se recueillir… et de faire la paix avec son passé.

Si Spiritfarer se transforme parfois en un jeu de plateforme enivrant, il s’agit avant tout d’un jeu de gestion. Préparez-vous à une panoplie de petites tâches à accomplir et à gérer plusieurs types de ressources, un peu à la manière d’un Animal Crossing ou d’un Stardew Valley. Si l’on a besoin d’un peu d’aide, on peut même jouer à deux sur le même écran ; un joueur contrôle Stella, l’autre, le chat Daffodil.

À mesure qu’on accomplira ces tâches, les âmes que l’on escorte se sentiront de plus en plus prêtes à nous quitter. C’est grâce aux dialogues à chaque fois uniques qui se débloquent au fur et à mesure du jeu qu’on prend toute la mesure de ce cheminement.

Chaque personnage et chaque environnement sont dessinés et animés à la main, rappelant ces films classiques de Disney. La trame sonore, calme la plupart du temps, s’adapte à l’action, comme lors d’une des nombreuses tempêtes que l’on devra affronter.

Écrire qu’une œuvre ne pouvait pas sortir à un meilleur moment en cette ère pandémique relève du cliché. Et pourtant, Spiritfarer agit comme un baume au cœur alors que s’achève cette année sombre au cours de laquelle on a été contraint de dire « au revoir » plus d’une fois…

Spiritfarer

★★★ 1/2

Conçu et édité par Thunder Lotus. Offert pour Nintendo Switch, Xbox, PlayStation et Steam (Windows, Mac et Linux).