Les flâneurs

Illustration: Le Devoir
Louise-Maude Rioux Soucy

Le blues de vous

On avait craqué pour Pourquoi Julie ?, balado bonbon d’Émilie Perreault sur la retraite hâtive de la chanteuse Julie Masse. Le chroniqueur Stéphane Leclair rebondit avec Pourquoi Marie ?, qui raconte un autre beau pied de nez au showbiz québécois, celui de Marie Carmen, icône incandescente des années 1990. Le ton de sa déclaration d’amour sonne autrement plus groupie, les ficelles de son enquête sont aussi plus grossières, mais le plaisir, lui, reste bien vif. D’autant que, cette fois, l’objet de cette admiration passionnée joue le jeu à fond. Dur, dur de ne pas craquer. Sur QUB radio.


Odile Tremblay

Brassage de cultures

Pour mieux pénétrer le métissage des cultures entre Autochtones et Québécois, des livres ouvrent des portes. Kukum, de Michel Jean (Prix littéraire France-Québec), avec ce magnifique portrait de l’arrière-grand-mère blanche de l’auteur délaissant sa culture pour épouser un Innu et embrassant son univers de liberté. Mais aussi Shuni (Prix littéraire des collégiens), de Naomi Fontaine, Innue d’Uashat, en témoignage des acculturations subies par son peuple, mais aussi d’une mémoire qui s’entête à survivre. Cette lettre ultrasensible à son amie québécoise aspire à la naissance d’un pays commun pour nos peuples.


Manon Dumais

Du rêve à l’oubli

Après avoir rendu hommage à son père photographe dans la magnifique bande dessinée Contact (Mécanique générale, 2019), Mélanie Leclerc livre cette fois un tout aussi vibrant hommage à sa mère, à sa marraine et à une collègue bibliothécaire. Ce faisant, elle signe une poignante réflexion sur les aspirations artistiques, la charge mentale des femmes et la fragilité de la mémoire. Avec ses délicates images d’une grâce poétique et d’une puissance évocatrice, où s’harmonisent émotion, humour, légèreté et onirisme, Temps libre (Mécanique générale) s’avère une autofiction d’une grande beauté.


Valérian Mazataud

De la caméra à la page

Chaque année, Kassel, en Allemagne, devient le centre du petit monde du livre photographique avec son Fotobookfestival. En 12 ans, les maîtres de la discipline y ont défilé, de Susan Meiselas à Martin Parr, en passant par Antoine d’Agata. La section la plus étonnante reste l’exposition des 50 meilleures maquettes du moment. Cette année, étant donné le contexte de pandémie, elle se tient aussi en ligne, et on peut explorer à loisir la créativité de ces ouvrages qui repoussent les limites de la narration photo et du graphisme. La plupart sont autopubliés ; il ne faudrait pas se priver de les commander à leur auteur.