Québec relance sa révision des lois sur le statut de l’artiste

Liza Frulla et Louise Beaudoin, lors du lancement du processus de consultation en décembre dernier
Photo: Valérian Mazataud Archives Le Devoir Liza Frulla et Louise Beaudoin, lors du lancement du processus de consultation en décembre dernier

Québec relance le processus de révision des deux lois sur le statut de l’artiste, un chantier très attendu qui a été interrompu en avril en raison de la pandémie. Le gouvernement perd toutefois les services de Liza Frulla et de Louise Beaudoin, qui devaient présider les consultations.

Les retards engendrés par la COVID-19 ont « eu raison [de leur] disponibilités », explique le cabinet de la ministre de la Culture, Nathalie Roy, dans un communiqué. Devant composer sans leur présence, celle-ci entend néanmoins aller de l’avant et « réviser les lois comme cela a été promis », peut-on lire.

Les consultations en ligne pour ce projet au cœur des priorités du milieu culturel reprendront à compter du 19 novembre. Elles doivent se poursuivre jusqu’au 1er février prochain.

Le départ de Louise Beaudoin avait été ébruité par Le Devoir en octobre. Cette dernière aurait demandé à résilier son contrat le 22 avril pour retourner présider le conseil d’administration du Regroupement des événements majeurs internationaux (REMI), qui représente le secteur des festivals.

Nommées en décembre 2019, Liza Frulla et Louise Beaudoin devaient mener des consultations à l’hiver et au printemps 2020, en vue de déposer un rapport attendu à l’été.

Chantier « criant »

Depuis plus de 10 ans, les intervenants culturels demandent une révision des deux lois qui régissent le cadre de travail des artistes et des artisans québécois. La première concerne les artistes de la scène, du disque et du cinéma, alors que la deuxième encadre le travail en arts visuels, la littérature, et les métiers d’art.

Adoptées il y a plus de 30 ans, ces lois déterminent les critères permettant de reconnaître le statut professionnel d’un artiste, et d’encadrer les relations entre les artistes et leurs producteurs. Elles établissent aussi le processus de reconnaissance des associations qui représentent les artistes.

L’ancien premier ministre Philippe Couillard avait promis de réviser ces deux lois, lors du dévoilement de la nouvelle politique culturelle du Québec, en juin 2018. Cet engagement est toutefois resté en plein pendant les dix-huit mois suivants.

L’annonce, jeudi, de la reprise des travaux a été saluée par la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN), l’Union des artistes (UDA) et la Guilde des musiciens et des musiciennes du Québec (GMMQ). À leurs yeux, la pandémie de coronavirus met en lumière plus que jamais la désuétude des lois sur le statut de l’artiste.

Elles « échouent dans leur objectif principal d’améliorer la situation socioéconomique, les conditions de vie et de pratique » des artisans du milieu culturel, juge Luc Fortin, président de la GMMQ. « Nos membres se retrouvent sans aucune protection ni aucun filet social et avec très peu de recours pour faire honorer leurs contrats. La crise les a donc plongés dans une précarité extrême », renchérit la présidente de la FNCC-CSN, Pascale St-Onge.

Il est donc urgent de les réviser pour améliorer le sort des artisans du milieu culturel, plaident les trois regroupements.

Avec Guillaume Bourgault-Côté

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