Les flâneuses

Illustration: Le Devoir
Odile Tremblay

Poète de la terre mère

Le bouleversant Je m’appelle humain de Kim O’Bomsawin est plus qu’un magnifique portrait de la poète innue Joséphine Bacon. Ce documentaire présenté en ligne nous entraîne dans un mythique nutshimit, territoire arpenté par ses ancêtres, avec des vocables parfois perdus qu’elle ressuscite pour la mémoire. Cette femme formidable qui pose ses mots de lyrisme sur son peuple porte le flambeau avec une humanité supérieure. Le film donne aussi l’occasion de replonger dans ses recueils. « J’ai le dos des femmes ancêtres / Les jambes arquées / De celles qui ont portagé / De celles qui accouchent / En marchant. »


Louise-Maude Rioux Soucy

Mémoire sur la ville

Faire parler les murs aveugles pour raconter Montréal. Le projet fou de Cité Mémoire est un baume pour qui erre dans la ville endormie en ces temps pandémiques. Ses fenêtres ouvertes sur le passé émeuvent par leur majesté autant que par leur humanité. Un biais assumé que racontent ses idéateurs, Michel Lemieux et Victor Pilon, et le dramaturge Michel Marc Bouchard dans Au cœur de Cité Mémoire, joli film inspirant et lumineux sur les fulgurances de cette création. Un bel objet signé Janice Zolf et Sylvie van Brabant à cueillir sur CBC GEM dès maintenant, et sur Club Illico dès le 26 novembre.


Manon Dumais

Un peu de science ?

Comment ne pas se délecter de l’humour gentiment tordu de l’illustrateur britannique Tom Gauld ? Après En cuisine avec Kafka (Alto, 2017), composé de planches parues dans The Guardian, où il se moquait du monde littéraire, c’est au tour de la science d’y goûter. Regroupant des planches publiées dans The New Scientist, Le département des théories fumeuses (Alto) jette un regard tour à tour bienveillant, bon enfant, malicieux, caustique et absurde sur l’univers scientifique et l’idée que l’on s’en fait. Pas besoin de connaître le chat de Schrödinger ni le chien de Pavlov pour tout comprendre.


Amélie Gaudreau

Comédie entrepreneuriale

Le théâtre la Licorne nous invite dans sa grande salle grâce à la captation de Fairfly, du Catalan Joan Yago Garcia, qui exploite avec beaucoup d’humour et d’intensité les mutations du monde du travail et le défi titanesque de se lancer en affaires. Les membres du Projet Bocal (Simon Lacroix, Sonia Cordeau, Raphaëlle Lalande) et leur acolyte Mikhaïl Ahooja portent à merveille ce tourbillon de vie et mort d’une jeune pousse. Ils sont en cela grandement aidés par la mise en scène souple de Ricard Soler Mallol et la captation de Julien Hurteau, qui emmène le spectateur au-devant des premières loges.