Crise au MBAM: Québec étudie l’audit externe

Sans avoir un droit de regard direct sur les affaires du Musée, Québec est son plus important soutien financier (16 millions l’an dernier).
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Sans avoir un droit de regard direct sur les affaires du Musée, Québec est son plus important soutien financier (16 millions l’an dernier).

La ministre de la Culture, Nathalie Roy, a reçu dans les derniers jours le rapport de l’expert indépendant qui avait été chargé de faire la lumière sur la crise qui secoue le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM). Le document est à l’étude… mais Québec ignore pour l’instant quelle suite il y donnera.

« La ministre devra prendre le temps d’analyser le rapport de façon approfondie avant de déterminer les prochaines étapes dans ce dossier », a indiqué son porte-parole, Louis-Julien Dufresne.

On ne peut donc confirmer du côté de Québec que le rapport sera rendu public — ou que la ministre aura terminé son analyse — avant l’importante assemblée générale annuelle des membres du Musée qui aura lieu le 29 septembre.

Celle-ci s’annonce mouvementée : le mandat d’administrateur de l’actuel président du conseil d’administration, Michel de la Chenelière, doit être renouvelé lors de cette assemblée. Trois autres postes d’administrateur sont aussi en jeu (le président du C.A. est ensuite élu par les membres du C.A., parmi ceux-ci).

Or, M. de la Chenelière est au cœur de la tempête qui touche le MBAM depuis la décision du C.A., à la mi-juillet, de renvoyer la directrice générale, Nathalie Bondil. Un climat de travail « toxique » dans le Musée a servi à justifier la décision des administrateurs.

C’est le président du conseil d’administration qui assure l’intérim depuis. Mais sa gestion de ce dossier a été vertement critiquée par des intervenants publics et plusieurs membres du Musée (une pétition visant le renvoi de la moitié du conseil a circulé en août).

À l’opposé, d’autres soutiennent la décision du conseil de renvoyer Nathalie Bondil. Le mécène Pierre Bourgie mais aussi plusieurs dizaines d’employés et d’ex-employés du Musée ont publié des lettres ouvertes à cet égard.

C’est dans ce contexte que Québec a mandaté Daniel Beaupré, de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM, pour qu’il réalise un audit externe sur la situation. Celui-ci devait entre autres examiner l’encadrement et la supervision de la conduite des affaires du MBAM par l’équipe de direction et le conseil d’administration.

Sans avoir un droit de regard direct sur les affaires du Musée, Québec est son plus important soutien financier (16 millions l’an dernier). De plus, le gouvernement avait promis en avril une somme de 10 millions pour aider à la création d’une aile Riopelle : Québec a depuis envoyé des signaux laissant entendre que cet investissement pourrait être compromis.

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