Projet de fusion entre les syndicats de techniciens AQTIS et AIEST

En tout, les trois syndicats rassemblent quelque 6000 techniciens, dont 4000 à l’AQTIS.
Photo: Getty Images / iStockphoto En tout, les trois syndicats rassemblent quelque 6000 techniciens, dont 4000 à l’AQTIS.

En pleine pandémie, l’Alliance québécoise des techniciens de l’image et du son (AQTIS) demande à ses membres de voter sur une entente de principe proposant sa fusion avec le syndicat américain IATSE (AIEST en français — Association internationale des employés de scène, de théâtre et de cinéma).

Le projet comprend la fusion de trois syndicats de techniciens du Québec, soit l’AQTIS et les sections québécoises 667, regroupant les métiers de caméras, et 514, réunissant les autres métiers, de l’AIEST.

Les trois sections devront tenir des votes séparément au cours des prochaines semaines.

Tant les dirigeants de l’AQTIS que ceux des sections locales de l’AIEST considèrent qu’il y a « beaucoup d’avantages » à la fusion de ces deux syndicats.

« On veut allier nos forces pour faire face aux défis qui nous attendent », dit le directeur général de l’AQTIS, Gilles Charland. La fusion officielle éviterait également le maraudage intensif entre les syndicats.

Présentement, les techniciens qui travaillent à la fois sur des productions québécoises et sur des productions américaines doivent souvent payer des cotisations en double, soit pour chacun des syndicats, l’AQTIS et l’AIEST.

On veut allier nos forces pour faire face aux défis qui nous attendent

 

De son côté, Christian Lemay, qui est à la tête de la section 667 de l’AIEST, et qui serait également premier président de l’éventuel syndicat fusionné, estime que cette union donnerait de la force au syndicat, notamment dans le contexte de la révision prochaine de la Loi sur le statut de l’artiste.

« On a des [demandes] à faire au gouvernement », dit-il à ce sujet, évoquant le « sous-financement » des productions cinématographiques et télévisuelles québécoises.

Éléments « bousculés »

Ce processus de consultation, lancé en pleine pandémie, fait tiquer certains membres de l’AQTIS. C’est le cas notamment d’Yves Chaput. « Cette manœuvre a été orchestrée en pleine pandémie, tenant les membres isolés, éloignés du processus. Plusieurs éléments semblent un peu bousculés », dit-il.

Jusqu’à présent, des assemblées ont été tenues dans chacun des syndicats, ainsi qu’une assemblée conjointe qui a réuni plus ou moins 200 personnes, en ligne et en personne.

« Les membres vont être consultés dans le cadre d’un processus extrêmement démocratique », poursuit M. Charland.

« Ils croient que la fusion attirera davantage de productions américaines », dit Yves Chaput. Mais « on n’a pas du tout évalué l’impact que cela aura comme répercussions sur la production locale », dit-il.

Dans le document de présentation qui a été acheminé aux membres de l’AQTIS, les syndicats mentionnent « une volonté d’obtenir un meilleur positionnement du Québec dans une industrie internationale dont la concurrence est de plus en plus féroce ».

« IATSE est le plus gros syndicat des métiers du divertissement, dit M. Lemay. Le pouvoir syndical réside dans la capacité de s’unir. »

On n’a pas du tout évalué l’impact que cela aura comme répercussions sur la production locale

 

Yves Chaput reconnaît d’ailleurs que les membres syndiqués de l’AIEST reçoivent en général de plus gros salaires que ceux de l’AQTIS.

Le document des syndicats mentionne aussi que l’objectif est que « l’Alliance québécoise des techniciens et techniciennes de l’image et du son, section locale 514, l’AIEST, devienne opérationnelle le 1er janvier 2021 ».

En tout, les trois syndicats rassemblent quelque 6000 techniciens, dont 4000 à l’AQTIS.

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