Le CA du MBAM plaide pour une trêve dans le débat

Le CA du Musée des beaux-arts de Montréal a mis fin, en juillet, au contrat de l’ex-directrice générale et conservatrice en chef Nathalie Bondil. Une décision fort médiatisée, qui continue de soulever les passions.
ValÉrian Mazataud Le Devoir Le CA du Musée des beaux-arts de Montréal a mis fin, en juillet, au contrat de l’ex-directrice générale et conservatrice en chef Nathalie Bondil. Une décision fort médiatisée, qui continue de soulever les passions.

Les membres du conseil d’administration du Musée des beaux-arts de Montréal signent une lettre demandant à « tous ceux et toutes celles participant au débat de faire preuve de sagesse ». Et d’attendre le rapport de l’expert mandaté par la ministre de la Culture et des Communications Nathalie Roy afin de faire le point sur les événements récents qui ne cessent de faire des vagues.

C’est ce rapport qui permettra de tourner « une fois pour toutes la page sur cette situation malheureuse pour le Musée et ses employés », écrivent-ils.

Porté par les vice-présidents Roger Fournelle et Michaela Sheaf, le texte réfute notamment la récente sortie de monsieur Joe Battat, présenté comme le « membre dissident du conseil ». Le collectionneur et hommes d’affaires, seul membre du CA à avoir voté contre le congédiement de Nathalie Bondil, confiait mercredi au Devoir que « Mme Bondil n’est pas une personne parfaite, mais on aurait pu travailler avec elle pour résoudre un à un les problèmes ». Ses collègues estiment pour leur part que, par ses propos, M. Battat a « manqué à son devoir de réserve ».

Congédiement

La vingtaine de signataires répètent ici que « les membres du conseil d’administration savaient ce qu’ils faisaient » en mettant fin, en juillet, au contrat de l’ex-directrice générale et conservatrice en chef Nathalie Bondil. Une décision fort médiatisée qui continue de soulever les passions.

Ils s’élèvent également contre ceux et celles qui nient qu’il régnait autrefois, selon eux, un climat qu’ils qualifient de malsain. Soulignant que le Musée avait de « graves problèmes de gestion », ils apostrophent aussi le président du comité de placements, MBAM, membre du comité de gouvernance et administrateur de la Fondation MBAM, monsieur Michel Nadeau.

Ce dernier a, lui aussi, fait paraître, le 25 août, une lettre ouverte dans laquelle il affirmait que le conseil préconisait une microgestion. Il s’opposait également au processus d’embauche de la nouvelle directrice de conservations, Mary Dailey Desmarais.

Le conseil affirme ici, lui, que M. Nadeau aurait pourtant félicité le président Michel de la Chenelière « pour la qualité du processus menant » à ladite embauche.

En somme, cette nouvelle missive rappelle sensiblement la lettre ouverte qu’ont fait paraître le 11 août dernier une centaine d’employés et d’ex-employés du Musée. Ce texte collectif faisait état d’une ambiance nouvelle entre les murs de l’institution, depuis les changements dans la direction.

Ces employés se désolaient notamment que tant de points de vue paraissent sur la question, adoptés par des personnes extérieures ne sachant pas « ce qui s’était véritablement passé au sein du musée ».

Trois semaines après les premières transformations, ils se réjouissaient d’un « nouvel élan », ainsi que d’un « nouvel esprit de collaboration et de respect des idées, sans harcèlement ni intimidation. « Pour nous, la page est tournée », concluaient-ils.

Le Musée des beaux-arts a confirmé que les membres de conseil ne souhaitent pas s’exprimer davantage à ce propos.

À voir en vidéo