Les flâneuses

Illustration: Le Devoir
Odile Tremblay

Mosaïque de femmes

Lancé à la Mostra de Venise, le très beau, touchant et parfois bouleversant documentaire Femme(s), coréalisé en France par la journaliste Anastasia Mikova et le cinéaste Yann Arthus-Bertrand (La Terre vue du ciel), a pris l’affiche chez nous. Sur des images impressionnantes, cette galerie de 2000 femmes célèbres ou anonymes de 50 pays et territoires (Québec compris), évoquant leurs amours, leur maternité, les abus qu’elles ont subis, est un chant de résilience, de force et de dignité féminine doublé d’une colorée mosaïque en pur miroir des inégalités du monde.


Manon Dumais

Sur la route

« Ma ligne d’horizon est un peu croche, comme dans les tableaux de Jean-Paul Lemieux », dit joliment la narratrice vingtenaire de Neufchâtel en parcourant la Transcanadienne entre Québec et Montréal dans La Vingt (Mécanique générale). Première bande dessinée de l’artiste visuelle Audrey Beaulé, La Vingt traduit en une suite de dessins empreints de poésie évoquant l’œuvre de Betty Goodwin et de lucides réflexions sur la vie, la sexualité, l’amour et le passage du temps l’émouvante traversée intérieure d’une jeune femme qui apprivoise « l’adoucissement des contours progressifs » de son avenir.


Louise-Maude Rioux Soucy

Dans ses yeux noirs

L’oiseau bariolé est un film vénéneux et perturbant. Tiré du roman controversé de Jerzy Kosinski, cet hallucinant voyage aux côtés d’un jeune garçon aux yeux noirs, témoin et victime des pires violences dans une Europe orientale déboussolée par la Seconde Guerre mondiale, a divisé la Mostra de Venise. À raison, Václav Marhoul dépose dans son sublime écrin noir et blanc des scènes d’une insoutenable cruauté, le transformant en un funeste miroir aux alouettes. Un film très dur qui rappelle jusqu’où la peur de l’autre peut faire tomber l’humanité. En exclusivité au cinéma du Parc.


Amélie Gaudreau

Les origines d’un drôle de grincheux

Il faut connaître et apprécier Monsieur Mousteille, personnage culte de l’univers des Appendices, misanthrope coincé et économe à l’excès qui prodigue des conseils pratiques et philosophiques dans des capsules « VHS », pour trouver son compte dans la « motobiographie » que lui a concoctée son créateur et interprète, Julien Corriveau. Dans ce récit de vie à la première personne, Corriveau construit habilement les origines de ce grincheux à langue qui fait écho à celle de Sol, à travers des aventures et non-aventures rocambolesques qui font sourire et rigoler franc, mais qui s’avèrent parfois étonnamment émouvantes.