Les femmes au coeur de la programmation du festival Présence autochtone

Avec <i>Sanctorum</i>, Joshua Gil explore  le sort d’une communauté autochtone mexicaine, dépendante de la culture du cannabis pour subsister et prise entre les feux des barons de la drogue et de l’armée.
Présence autochtone Avec Sanctorum, Joshua Gil explore le sort d’une communauté autochtone mexicaine, dépendante de la culture du cannabis pour subsister et prise entre les feux des barons de la drogue et de l’armée.

Femmes. Disparues. Meurtries. Assassinées. Ce sont des thèmes qui planent sur la programmation du festival Présence autochtone, qui prend l’affiche vendredi à Montréal. Que ce soit au sein de communautés mexicaines gangrenées par le trafic de drogue, comme dans le film Sanctorum, de Joshua Gil, ou dans des communautés autochtones canadiennes, comme dans Rustic Oracle, de Sonia Bonspille-Boileau, les fantômes de ces femmes planent comme autant de mystères omniprésents et inexpliqués.

Avec Sanctorum, Joshua Gil explore le sort d’une communauté autochtone mexicaine, dépendante de la culture du cannabis pour subsister et prise entre les feux des barons de la drogue et de l’armée. Mêlant les éléments factuels et mystiques, le film attire l’attention sur les zones du Mexique où les droits individuels ont été évacués et où la violence est reine. Le film a été tourné avec la participation de la communauté mije du Mexique. Sanctorum avait été sélectionné pour la Semaine de la critique à la Mostra de Venise.

Rustic Oracle raconte quant à lui l’histoire d’une mère qui part à la recherche de sa fille disparue, de Montréal à Ottawa en passant par Val-d’Or. En compagnie de la petite sœur de la disparue, âgée de huit ans, elle affronte l’impuissance et l’indifférence générale. À la fin du film, on mentionne que les femmes autochtones représentent 4 % de la population canadienne, mais le quart des personnes disparues et assassinées et au moins la moitié des victimes de la traite des personnes.

« Une fugueuse de 17 ans n’attire pas l’attention », dit la mère de la disparue, jouée par Carmen Moore, dans le film. Le jeu impressionnant de la jeune Lake Kahentawaks Delisle, en sœur de la disparue, expose le déchirant passage vers la perte de l’innocence, mais aussi l’attention aiguë d’une enfant qui apporte le plus d’éléments à l’enquête.

Originaire d’Oka et de Kanesatake, Sonia Bonspille-Boileau signait notamment, en 2015, le documentaire The Oka Legacy.

Le festival Présence autochtone, rebaptisé Nomade Land en ces temps de pandémie, sera par ailleurs le premier à accueillir son public en salle au cinéma du Musée. Ce public est d’ailleurs invité à acheter ses billets en ligne sur le site de Présence autochtone.

Pendant ce temps, vendredi, un concert en direct, Trancestral, réunissant des musiques autochtones et soufies, sera diffusé en ligne. On y retrouvera Okoetcho et la chanteuse Moe Clark, la poétesse Joséphine Bacon, la chanteuse de gorge Nina Segalowitz, les Buffalo Hats Singers, Khalil Moqadem, au chant et à l’oud, les danseuses Barbara Diabo et Tanya Evanson, tous sous la direction de Katia Makdissi-Warren.

Une sélection d’artistes se produira en personne à la place des Festivals. On y promet la présence d’effigies de figures mythiques d’animaux et de personnages légendaires. Des œuvres de l’artiste Christi Belcourt célébrant la Terre, l’Eau et la Vie seront exposées rue Sainte-Catherine.

Dès vendredi, des prestations musicales s’y tiendront dès la fin de l’après-midi, sans que l’on puisse en donner les horaires exacts pour éviter les trop grands rassemblements, puisque la distanciation de deux mètres doit toujours être observée. Le groupe Kanen y réunira un ukulele et deux chanteuses. Sam Ojeda y présentera de la danse traditionnelle sur musique, et Eadsé y présentera un spectacle de voix et piano. On prévoit même un déambulatoire de marionnettes, rue Sainte-Catherine, entre Jeanne-Mance et Balmoral.

Samedi, le défilé de NuestroAméricana s’ébranlera rue Sainte-Catherine, entre Balmoral et Saint-Urbain, avec entre autres Sam Ojeda et deux marionnettistes.

Dimanche en après-midi, Sam Ojeda sera de nouveau à la place des Festivals, ainsi que la chanteuse folk Laura Niquay, dans un numéro de guitare et voix.

Le 13 août, on procédera au lancement virtuel de Cinémas et médias autochtones dans les Amériques. Récits, communautés et souverainetés, un numéro spécial de la Revue canadienne d’études cinématographiques. À cette occasion, une table ronde sera animée par Isabelle Saint-Amand.

Les prix du festival, qui récompensent des œuvres cinématographiques, seront pour leur part décernés en novembre.

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