Les flâneurs

Illustration: Le Devoir
Olivier Sylvestre 

Dans la tête de Kojima

On salue l’arrivée de Death Stranding sur la plateforme Windows un peu plus de huit mois après sa sortie sur la console de salon de Sony. Non seulement cette version définitive présente-t-elle les avancées techniques auxquelles on s’attend d’une adaptation pour PC — textures et éclairages améliorés, résolution plus élevée —, mais elle permettra à plus de gens d’explorer l’Amérique postapocalyptique magnifique (et troublante) de Hideo Kojima. Avec Norman Reedus dans le rôle principal et, entre autres, Mads Mikkelsen, Léa Seydoux et Guillermo del Toro, on ne peut que le recommander. Sur Steam et Epic.


Louise-Maude Rioux Soucy

Ils parlent avec elle

Que de charme et de fraîcheur il y a dans Un divan à Tunis, comédie décalée de la cinéaste franco-tunisienne Manele Labidi. On y suit Selma, qui, après avoir exercé en France, décide d’ouvrir un cabinet de psychanalyse dans une banlieue tunisienne. Dans la peau de cette idéaliste en mal de racines, Golshifteh Farahani est magnétique, alliant ce qu’il faut de charisme et de présence pour donner le change à tous les patients colorés, un peu stéréotypés, qui se pressent à sa porte tandis qu’elle les écoute, encore et toujours, coûte que coûte. Une jolie trouvaille à cueillir en salle.


Manon Dumais

Satire britannique

S’inspirant de La métamorphose de Franz Kafka et de Modeste proposition de Jonathan Swift, Ian McEwan signe une critique impitoyable de la politique britannique dans Le cafard (Gallimard), roman court où une blatte se réveille dans le corps du premier ministre britannique. Fustigeant le populisme, le nationalisme et la xénophobie, l’écrivain passe au tordeur le processus du Brexit, qu’il surnomme ici le « Réversalisme ». L’histoire ne dit pas si Boris Johnson s’est donné la peine de lire ce court récit satirique. « Toute ressemblance avec des cafards, vivants ou morts, est une pure coïncidence... »


Philippe Papineau

Les chansons de Poirier

Le compositeur de musiques électroniques Poirier a effectué un virage assez important sur Soft Power. D’habitude très versé dans les rythmes aux racines diverses conçus pour le déhanchement, Poirier livre 12 titres qu’il décrit comme de la « chanson québécoise ». Les guillemets sont importants, mais, clairement, il y a là des structures musicales plus classiques et accessibles — des refrains ! Poirier multiplie les invités, de Samito à Boogát en passant par Mélissa Laveaux, Coralie Hérard et Flavia Coelho. Voilà des sons de toutes les couleurs, passés dans le filtre québécois de Poirier.