Le Musée d’Orsay n’a pas lâché le MBAM

La communauté muséale québécoise est jusqu’ici demeurée très discrète dans la crise qui secoue le MBAM.
Photo: Andrea Wright Flickr CC La communauté muséale québécoise est jusqu’ici demeurée très discrète dans la crise qui secoue le MBAM.

Contrairement à ce qu’a rapporté jeudi un média spécialisé, le Musée d’Orsay n’a pas rompu les liens avec le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), plongé dans une tempête depuis le congédiement de sa directrice générale, Nathalie Bondil.

Selon la responsable des communications du Musée d’Orsay (MO), « Laurence des Cars [présidente du MO et de l’Orangerie] n’a pas déclaré rompre toute collaboration avec le MBAM ». Le MO a demandé à la publication The Art Newspaper de « corriger son papier » de la veille, dont les médias québécois avaient rapporté les grandes lignes.

On y affirmait que le MO avait coupé les ponts avec le MBAM, cela en réaction au congédiement de Nathalie Bondil. Un projet d’exposition conjointe était annulé, disait-on.

Dans les faits, Mme des Cars dit simplement « n’avoir eu à ce jour aucune nouvelle de la direction du musée de Montréal concernant l’exposition Les origines du monde. L’invention de la nature au XIXe siècle. Aucune décision n’est prise à ce stade concernant l’étape à Montréal, et l’exposition aura bien lieu au Musée d’Orsay à partir du 10 novembre 2020 ».

Ça me semble hasardeux de prendre position quand on ne connaît pas les tenants et les aboutissants d’un dossier

Or, le MBAM a pour sa part précisé au Devoir que « l’exposition fait encore partie de [sa] programmation à venir en hiver 2021, comme annoncé en novembre 2019 ».

Mme des Cars n’a par ailleurs pas souhaité répondre à nos questions sur le dossier de Nathalie Bondil. Dans l’article de The Art Newspaper, elle disait être « scandalisée » par la décision du C.A. du musée montréalais. Plusieurs autres directeurs et directrices de musées français faisaient de même.

Prudence…

Cela contraste avec la situation au Québec, où la communauté muséale québécoise est restée très discrète depuis le début de la crise.

Vendredi, les directions du Musée d’art contemporain de Montréal, du Musée des beaux-arts du Canada et du Musée national des beaux-arts du Québec ont toutes refusé de commenter le départ de Mme Bondil, ou la crise au MBAM.

Le directeur général de la Société des musées du Québec (dont le MBAM est membre), Stéphane Chagnon, a pour sa part indiqué suivre « la situation attentivement. On trouve dommage de voir ce qui se passe. Ça affecte toute la communauté. Mais il y a plusieurs zones d’ombre et il faut aller au fond des choses » avant de s’exprimer là-dessus, estime-t-il.

Il s’étonnait ainsi de la vivacité des réactions en France.

« Je ne sais pas comment serait perçue la situation inverse  Mais ça me semble hasardeux de prendre position quand on ne connaît pas les tenants et les aboutissants d’un dossier, surtout quand on est loin comme ça. »

M. Chagnon dit souhaiter que l’exercice commandé par le gouvernement Legault — une évaluation de la gouvernance du MBAM par une firme indépendante — permette de répondre à toutes les questions actuellement en suspens.

À voir en vidéo